Guerre en Ukraine : Record de missiles russes en janvier et négociations tendues à Genève
Ukraine : Record de missiles russes et négociations à Genève

Record mensuel de missiles balistiques russes en janvier

Les forces russes ont lancé 91 missiles balistiques contre l'Ukraine au cours du mois de janvier 2026, selon les déclarations du ministère de la défense ukrainien. Ce chiffre constitue le plus élevé enregistré sur un mois depuis le début de la guerre. Cette intensification de l'activité militaire survient alors qu'une délégation ukrainienne se rend à Genève pour un nouveau cycle de négociations avec des représentants des États-Unis et de la Russie.

Les négociations de Genève sous tension

Avant l'ouverture des pourparlers, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lancé un appel pressant pour obtenir des garanties de sécurité « claires » pour son pays. Dans une série de messages sur les réseaux sociaux, il a rappelé que la population ukrainienne ne fait plus confiance aux promesses internationales, notamment après l'expérience du mémorandum de Budapest qui n'a pas empêché l'agression russe.

« Quand on demande des compromis à des gens qui sont attaqués et qui ne sont pas les agresseurs, que leur donne-t-on en échange ? », s'est interrogé M. Zelensky, soulignant que l'Ukraine avait renoncé à son arsenal nucléaire en échange de garanties qui ne se sont pas concrétisées.

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Les positions divergentes des parties

Le Kremlin a pour sa part annoncé que les concessions territoriales seraient le principal sujet abordé lors des discussions. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a précisé que la délégation russe serait dirigée par Vladimir Medinsky, conseiller du président Vladimir Poutine, avec la participation du chef des renseignements militaires Igor Kostioukov.

Parmi les autres points de discorde figurent :

  • Le contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijia
  • Le rôle des troupes occidentales dans l'Ukraine d'après-guerre
  • Les garanties de sécurité internationales pour Kiev

Progrès militaires ukrainiens et difficultés russes

Sur le terrain, l'armée ukrainienne a repris 201 km² à l'armée russe entre mercredi et dimanche, selon des données de l'Institute for the Study of War (ISW) analysées par l'AFP. Il s'agit des reconquêtes les plus importantes en si peu de temps depuis la contre-offensive de juin 2023.

Les analystes militaires estiment que ces contre-attaques ukrainiennes tirent probablement parti du blocage de l'accès des forces russes à Starlink, le système de satellites de communication. Selon des blogueurs militaires russes, cette interruption perturbe significativement les communications et le commandement sur le front.

Conséquences humanitaires et énergétiques

À Kiev, le maire Vitali Klitschko a rapporté qu'une centaine de bâtiments restaient toujours privés de chauffage après l'attaque russe du 12 février contre les infrastructures énergétiques. Cette attaque avait initialement provoqué des pannes d'énergie pour plus de 2 600 immeubles dans la capitale.

Dans la région russe de Belgorod, des infrastructures énergétiques ont également été endommagées. Selon la chaîne Telegram locale Pepel Belgorod, une centrale thermique aurait été touchée par une frappe de missile.

Développements diplomatiques et politiques

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré que Washington ne souhaite contraindre aucun participant à accepter un futur accord de règlement du conflit. « Nous n'imposons aucun accord, nous ne forçons personne à l'accepter s'il ne le souhaite pas », a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse conjointe avec le premier ministre hongrois Viktor Orban.

La Hongrie, qui entretient des relations étroites avec le Kremlin, s'est dite prête à accueillir un « sommet pour la paix ». Le chef de la diplomatie hongroise Peter Szijjarto a affirmé être le « seul pays d'Europe à avoir soutenu les efforts de paix » du président américain Donald Trump.

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Critiques européennes sur la défense

Berlin a critiqué le manque d'efforts de la France en matière de dépenses de défense. Le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul a déclaré que les efforts déployés jusqu'à présent par la France étaient insuffisants pour atteindre la souveraineté européenne en matière de défense. Il a appelé Paris à « faire des économies », notamment dans le domaine social, pour disposer de la marge de manœuvre nécessaire.

Affaires judiciaires et hommages

L'ancien ministre ukrainien de l'énergie German Galushchenko a été arrêté alors qu'il tentait de quitter le pays. Il est soupçonné de blanchiment d'argent et de participation à une organisation criminelle par l'Agence anticorruption ukrainienne NABU. Cette affaire s'inscrit dans le cadre du scandale de corruption « Midas » qui a ébranlé le secteur énergétique ukrainien.

Par ailleurs, la France a rendu hommage à Alexeï Navalny à l'occasion du deuxième anniversaire de sa mort. Le Quai d'Orsay a déclaré tenir « les autorités russes pour pleinement responsables » de la mort de l'opposant politique et a appelé à une enquête indépendante. La mère de Navalny, Lioudmila Navalnaïa, a réclamé justice pour son fils, évoquant les conclusions d'une enquête européenne affirmant qu'il avait été « empoisonné » en prison.

Ces développements surviennent dans un contexte où le nombre de victimes civiles ukrainiennes des attaques russes a bondi de 26% en 2025, selon l'ONG Action on Armed Violence, illustrant l'impact humanitaire croissant de ce conflit qui entre dans une nouvelle phase critique avec les négociations de Genève.