La Russie affirme poursuivre ses objectifs sans limite de temps
Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré ce jeudi que la Russie n'avait "aucune échéance" pour mettre fin au conflit en Ukraine. Cette annonce intervient alors que des délégations ukrainiennes et américaines doivent se rencontrer à Genève pour préparer de nouvelles négociations trilatérales avec Moscou, prévues en mars.
Une nuit d'attaques massives en Ukraine
Dans la nuit de mercredi à jeudi, les forces russes ont lancé une offensive aérienne d'une ampleur considérable :
- 39 missiles dont 11 balistiques
- 420 drones ciblant huit régions ukrainiennes
Selon le président Volodymyr Zelensky, ces attaques ont causé des destructions importantes dans de nombreux bâtiments résidentiels et ont fait des dizaines de blessés, dont des enfants. L'armée de l'air ukrainienne affirme avoir intercepté 32 missiles et 374 drones, mais des impacts ont tout de même été enregistrés sur 32 sites différents.
Préparatifs diplomatiques à Genève
Alors que les combats font rage, le négociateur ukrainien Rustem Umerov doit rencontrer jeudi les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner à Genève. L'objectif de cette rencontre est de préparer des discussions trilatérales avec la Russie qui porteront principalement sur :
- Les questions économiques
- La reconstruction des territoires affectés
Cette réunion fait suite à un échange téléphonique entre les présidents Donald Trump et Volodymyr Zelensky, auquel ont participé les envoyés américains.
Développements parallèles significatifs
Plusieurs autres événements marquent la complexité de la situation :
Échange de dépouilles : La Russie a annoncé avoir restitué les corps de 1 000 soldats ukrainiens, tandis que 35 militaires russes ont été rendus à Moscou. Ces échanges constituent l'un des rares domaines de coopération entre les deux pays depuis le début du conflit.
Incident diplomatique : La Douma russe a demandé aux parlements français et britannique d'enquêter sur de prétendus projets de transfert d'armes nucléaires vers l'Ukraine, des accusations qualifiées d'"absurdes" par Kiev.
Tensions énergétiques : Le premier ministre hongrois Viktor Orban a sommé Volodymyr Zelensky de rouvrir l'oléoduc Droujba, crucial pour l'approvisionnement énergétique de la Hongrie et de la Slovaquie, menaçant de s'opposer au prêt européen de 90 milliards d'euros destiné à l'Ukraine.
Conséquences humanitaires et infrastructurelles
Les attaques de la nuit ont eu des répercussions concrètes dans plusieurs villes :
- Kharkiv : 14 blessés dont un enfant, plusieurs immeubles résidentiels touchés
- Zaporijia : 9 blessés, plus de 500 logements privés de chauffage
- Kryvy Rih : 2 blessés légers, une dizaine de bâtiments endommagés
- Kiev : incendies dans deux quartiers, immeuble de neuf étages endommagé
Les infrastructures énergétiques ont également subi des dommages significatifs, avec des sous-stations électriques touchées à Kiev et Dnipro, ainsi que des installations gazières dans l'oblast de Poltava.
Position française et contexte international
Le président Emmanuel Macron prononcera lundi un discours attendu sur la contribution de la dissuasion nucléaire française à la sécurité européenne. Parallèlement, la France a annoncé qu'elle ne boycotterait pas la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques malgré la présence d'athlètes russes et biélorusses, contrairement à plusieurs autres pays dont l'Ukraine.
Sur le front diplomatique, l'Union européenne a appelé le Kirghizistan à cesser de réexporter des biens vers la Russie en violation des sanctions, tandis qu'au Kenya, un homme soupçonné d'avoir recruté plus de 1 000 Kényans pour l'armée russe a été arrêté.
Alors que le conflit entre dans sa cinquième année, les déclarations de Sergueï Lavrov confirment la détermination de Moscou à poursuivre ses objectifs militaires sans limite de temps apparente, tandis que les efforts diplomatiques se multiplient pour tenter de trouver une issue à cette guerre qui continue de faire des victimes civiles et militaires quotidiennement.



