Guerre en Ukraine : de Sloviansk à Kramatorsk, l'arrière-front sous pression russe
Ukraine : l'arrière-front sous pression russe de Sloviansk à Kramatorsk

À Sloviansk et Kramatorsk, deux villes de l'est de l'Ukraine, la guerre n'est jamais loin. Situées à une trentaine de kilomètres de la ligne de front, elles subissent une pression constante des forces russes, qui multiplient les bombardements et les frappes de drones. Pour les habitants, la vie quotidienne est devenue un défi permanent, entre alertes aériennes, coupures d'électricité et pénuries.

Des bombardements quotidiens

Depuis plusieurs semaines, les frappes russes se sont intensifiées sur ces deux villes. Selon les autorités locales, au moins 15 civils ont été tués et 40 blessés au cours du mois de juin 2026. Les quartiers résidentiels sont particulièrement visés, comme en témoigne le récent bombardement d'un immeuble à Kramatorsk, qui a fait 5 morts. « Nous vivons dans la peur constante, chaque bruit nous fait sursauter », confie Olena, une habitante de 62 ans.

Un arrière-front sous tension

Sloviansk et Kramatorsk servent de base arrière pour l'armée ukrainienne, ce qui en fait des cibles privilégiées. Les convois militaires et les dépôts de munitions sont régulièrement attaqués. « Les Russes cherchent à paralyser notre logistique et à semer la terreur parmi la population civile », explique le colonel Andriy Kovalenko, porte-parole de l'état-major ukrainien. Les coupures d'électricité sont fréquentes, et l'eau potable commence à manquer dans certains quartiers.

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La vie malgré tout

Malgré les dangers, la vie continue. Les marchés restent ouverts, les écoles tentent de maintenir des cours en ligne, et les boulangeries produisent du pain. « On s'adapte, on n'a pas le choix », dit Mykola, un commerçant de 45 ans. Les autorités locales ont mis en place des abris et des distributions de nourriture. « Nous faisons tout pour que les gens ne partent pas, mais beaucoup ont déjà fui », regrette le maire de Sloviansk, Vadym Liakh.

Une population qui résiste

Environ 30 000 personnes vivent encore à Sloviansk, contre 100 000 avant la guerre. À Kramatorsk, ils sont 50 000, loin des 200 000 d'avant 2022. Ceux qui restent sont souvent des personnes âgées ou des familles sans moyens de partir. « Je ne peux pas quitter ma maison, c'est tout ce qu'il me reste », explique Ivan, 78 ans. La résilience des habitants force l'admiration, mais l'avenir reste incertain.

Des conséquences humanitaires graves

Les organisations humanitaires peinent à accéder à ces zones en raison des combats. « La situation est critique, les besoins en médicaments et en nourriture sont immenses », alerte Médecins Sans Frontières. Les hôpitaux locaux, déjà sous-équipés, sont submergés par l'afflux de blessés. « Nous opérons dans des conditions de guerre, avec des moyens de fortune », témoigne le Dr. Natalia Shevchenko, chirurgienne à Kramatorsk.

Un conflit qui s'enlise

Alors que la guerre entre dans sa cinquième année, l'espoir d'une paix rapide s'éloigne. Les frappes russes se font plus précises et plus meurtrières. « Les Russes veulent nous briser, mais nous tenons bon », affirme le colonel Kovalenko. La communauté internationale condamne ces attaques, mais les appels au cessez-le-feu restent lettre morte. Pour les habitants de Sloviansk et Kramatorsk, chaque jour est une victoire.

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