Guerre en Ukraine : recrutement forcé de Kényans, aide française et appel à l'armement
Ukraine : Kényans enrôlés de force, aide française, appel à l'armement

Guerre en Ukraine : un point complet sur les derniers développements

Alors que le conflit en Ukraine entre dans son 1.456e jour, plusieurs événements marquants ont eu lieu ce jeudi 19 février, mettant en lumière des dimensions internationales, humanitaires et stratégiques de cette guerre prolongée.

Le recrutement forcé de Kényans dans l'armée russe

« Rendez-nous nos fils. » Tel est le cri du cœur des familles de 35 Kényans enrôlés de force dans l'armée russe, qui ont manifesté ce jeudi dans la capitale Nairobi pour exiger leur rapatriement immédiat. Selon un rapport du renseignement présenté aux députés du Kenya, plus de 1.000 Kényans se sont rendus en Russie, nombre d'entre eux ignorant qu'ils finiraient par combattre en Ukraine.

Ces hommes, souvent sans aucune expérience militaire préalable, ont été contraints, une fois arrivés en territoire russe, de signer un contrat avec l'armée russe avant d'être rapidement envoyés sur le front. Malheureusement, beaucoup ont péri dans les combats. Ce chiffre de 1.000 est bien supérieur aux 200 Kényans avancés par les autorités en décembre, révélant une sous-évaluation significative.

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Un décompte datant de février précise la situation :

  • 28 Kényans sont portés disparus
  • 35 sont déployés dans des camps ou des bases militaires
  • 89 autres se trouvent directement sur le front
  • 39 sont actuellement hospitalisés

Le gouvernement kenyan assure que trente Kényans ont déjà été rapatriés et que des agences de recrutement frauduleuses ont été fermées. Cette méthode de recrutement cible également d'autres pays africains, notamment l'Ouganda et l'Afrique du Sud, alors que la Russie subit des pertes considérables en Ukraine.

La nouvelle aide française de 71 millions d'euros

Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, a annoncé ce jeudi que la France allocterait une nouvelle aide de 71 millions d'euros à l'Ukraine. Cette somme vise à soutenir l'économie ukrainienne et à reconstruire ses infrastructures, gravement endommagées par les hostilités.

Roland Lescure s'est entretenu avec le ministre de l'Énergie ukrainien, évoquant la situation « très difficile » du pays, qui « fait face aujourd'hui à des attaques répétées de l'armée russe sur les infrastructures énergétiques ». Il a salué la « leçon de résilience » de l'Ukraine. Ce nouveau fonds français se concentrera principalement sur plusieurs secteurs essentiels :

  1. La santé
  2. L'eau
  3. L'agriculture
  4. L'énergie

L'appel polonais à augmenter les dépenses militaires européennes

Le ministre de la Défense de la Pologne, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, a lancé un appel pressant lors d'un entretien accordé à l'AFP ce jeudi. « J'aimerais que l'Espagne entende cet appel, j'aimerais que l'Italie et la France l'entendent encore plus fortement, cet appel à augmenter les dépenses d'armement », a-t-il déclaré.

Il a exhorté ces pays à renforcer leurs investissements militaires afin d'accroître les capacités de l'Union européenne et de l'OTAN. Selon lui, l'Allemagne, la Pologne et les pays scandinaves ont déjà répondu aux injonctions du président américain Donald Trump, qui somme l'Europe de mieux assumer sa propre sécurité. « Plus l'Europe investira, plus l'Amérique nous traitera avec sérieux et respect dans ces domaines », a-t-il ajouté.

Ces propos font écho aux critiques, inhabituellement sévères, du chef de la diplomatie allemande, qui a jugé en début de semaine les efforts de Paris « insuffisants » en matière de défense.

Les perspectives d'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne

Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a affirmé jeudi que l'Union européenne souhaitait ouvrir « dès que possible » les négociations sur une adhésion de l'Ukraine, sans toutefois s'engager sur une date précise. Depuis Oslo, où il était en visite, il a déclaré : « Nous souhaitons pouvoir ouvrir formellement les négociations dès que possible et progresser dans le processus d'élargissement. Je ne peux pas dire si ce sera en 2027, ni même 2026 ou plus tard, mais l'important est de ne pas perdre l'élan. »

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Il a souligné que « ce qui est particulièrement impressionnant, c'est que l'Ukraine, malgré la terrible guerre à laquelle elle fait face, met en œuvre les réformes nécessaires pour devenir membre à part entière de l'Union européenne ». Cependant, l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, qui entrera mardi prochain dans sa cinquième année, complique considérablement les espoirs d'une intégration rapide. Un plan américain envisage une entrée de Kiev dans l'UE dès janvier 2027, un calendrier généralement jugé irréaliste par les experts.