Une nuit de violences intensifiées en Ukraine
Les forces russes ont mené une série d'attaques dévastatrices dans la nuit du 21 au 22 février 2026, ciblant plusieurs régions ukrainiennes avec des missiles balistiques et des drones. À Kiev, des explosions ont retenti peu après 4 heures locales, endommageant des immeubles résidentiels et provoquant des incendies. L'armée de l'air ukrainienne a annoncé avoir intercepté 106 des 120 drones lancés par la Russie, mais un missile Iskander-M et 13 drones ont touché 11 sites différents.
Bilan humain tragique à Lviv et dans l'oblast de Kiev
À Lviv, dans le nord-ouest du pays, des explosions dans des magasins du centre-ville ont coûté la vie à une policière de 23 ans et fait 24 blessés. Le maire Andri Sadovy a qualifié cet événement d'"acte terroriste clair", précisant que des engins explosifs artisanaux avaient été utilisés. Dans l'oblast de Kiev, les bombardements russes ont causé un mort civil et cinq blessés à Poutrivka, où les services de secours ont dû extraire huit personnes des décombres.
Dégâts considérables sur les infrastructures énergétiques
Les attaques russes ont particulièrement visé les infrastructures énergétiques ukrainiennes :
- À Odessa, une centrale électrique a subi des dégâts importants selon DTEK, la compagnie d'énergie locale
- Quatre immeubles d'habitation et un établissement scolaire ont été endommagés dans la ville
- Dans l'oblast de Mykolaïv, 16 000 foyers sont privés d'électricité après des attaques de drones
- La moitié de la partie occupée de l'oblast de Zaporijia est sans courant selon le gouverneur installé par le Kremlin
Tensions diplomatiques et pressions énergétiques
La situation militaire s'accompagne de tensions diplomatiques croissantes. La Slovaquie a averti qu'elle cesserait de fournir de l'électricité à l'Ukraine dans le cadre de son aide d'urgence si l'approvisionnement en pétrole par l'oléoduc Droujba n'était pas rétabli lundi. Le premier ministre slovaque Robert Fico a pris cette position ferme, tandis que son homologue hongrois Viktor Orban a promis de mettre son veto au prêt européen de 90 milliards d'euros en l'absence de reprise du flux pétrolier.
Le ministère des affaires étrangères ukrainien a vivement réagi, qualifiant ces positions de "provocatrices, irresponsables et menaçant la sécurité énergétique de toute la région". L'Ukraine accuse la Slovaquie et la Hongrie de "faire le jeu de l'agresseur" dans un contexte où Moscou tente délibérément de priver les Ukrainiens d'électricité, de chauffage et de gaz pendant l'hiver.
Réactions internationales et solidarité
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a dénoncé le fait que "la Russie utilise le froid comme une arme de guerre". Elle a rappelé l'engagement européen à reconstruire le réseau électrique ukrainien et à renforcer sa protection. Parallèlement, à Paris, un millier de personnes ont défilé pour marquer leur "soutien massif" à l'Ukraine à l'approche du quatrième anniversaire de l'invasion russe.
Sur le terrain humanitaire, des initiatives de solidarité se poursuivent. Le boulanger bénévole français Loïc Nervi continue de distribuer environ 700 miches de pain quotidiennement aux Ukrainiens dans le besoin, particulièrement aux personnes isolées, sans abri ou déplacées par le conflit.
Riposte ukrainienne et situation sur le front
L'Ukraine a mené ses propres opérations militaires en réponse aux attaques russes. Dans la nuit, les forces ukrainiennes ont attaqué un site de production de missiles à Votkinsk, dans la république russe d'Oudmourtie, situé à 1 500 kilomètres de la frontière ukrainienne. Cette usine produisait des missiles Iskander-M, Topol-M et Orechnik. Onze personnes ont été blessées dans cette attaque, dont une grièvement.
Le général Oleksandr Syrsky, commandant de l'armée ukrainienne, a affirmé que ses troupes mettaient hors de combat "1 000 à 1 100 militaires russes, morts ou blessés, par jour". Il a également déclaré que les pertes de l'armée russe en 2025 avaient dépassé son niveau de recrutement, soulignant la résilience des forces armées ukrainiennes face à l'"armée la plus grande, la plus puissante d'Europe".
Alors que le conflit entre dans sa quatrième année, les violences continuent de s'intensifier avec des conséquences humanitaires de plus en plus graves pour la population civile ukrainienne, confrontée à la fois aux bombardements et aux difficultés d'approvisionnement énergétique en plein hiver.



