Guerre en Ukraine : Frappes massives, crise énergétique et tensions diplomatiques
Ukraine : Frappes russes, crise énergétique et tensions

L'Ukraine sous le feu des drones russes et confrontée à une crise énergétique majeure

Dans la nuit de samedi à dimanche, l'armée russe a lancé une attaque massive contre l'Ukraine en utilisant 83 drones longue portée de différents types, dont des Shahed, Guerbera et Italmas. Selon l'armée de l'air ukrainienne, 55 de ces drones ont été abattus ou neutralisés, mais 25 impacts ont été enregistrés sur 12 sites différents, causant des dégâts significatifs.

Une crise énergétique qui s'aggrave à Kiev

Les conséquences des frappes russes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes sont dramatiques. À Kiev, environ 1 600 immeubles restaient privés de chauffage dimanche, selon les autorités locales. Cette situation résulte d'une attaque massive jeudi dernier qui avait déjà privé 2 600 bâtiments de chauffage, s'ajoutant aux 1 100 immeubres déjà affectés par les attaques précédentes.

Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a précisé sur Telegram que sur les 2 600 immeubres touchés jeudi, "environ 500 bâtiments restent privés de chauffage". Cette crise énergétique, la pire depuis le début de l'offensive russe en février 2022, laisse des centaines de milliers de foyers sans chauffage ni électricité par des températures pouvant descendre sous les -20°C.

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Les avancées militaires russes et les réponses ukrainiennes

Le chef d'état-major russe Valeri Guerassimov a affirmé que les forces du Kremlin avaient pris une douzaine de villages dans l'est de l'Ukraine au cours du mois de février. Les troupes russes progresseraient en direction de Sloviansk, un pôle industriel stratégique qui avait brièvement été contrôlé par les séparatistes prorusses en 2014.

En réponse, les forces ukrainiennes ont revendiqué une attaque de drones contre un terminal pétrolier russe dans le port de Taman, dans le kraï de Krasnodar. Selon le gouverneur régional Veniamin Kondratiev, un réservoir de stockage de carburant, des entrepôts et des terminaux portuaires ont été touchés, provoquant plusieurs incendies qui ont nécessité l'intervention de plus de 100 pompiers.

Les tensions diplomatiques autour de l'affaire Navalny

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a déclaré dimanche n'avoir "aucune" raison de remettre en cause les conclusions de cinq pays européens (Royaume-Uni, France, Allemagne, Pays-Bas et Suède) selon lesquelles l'opposant russe Alexeï Navalny a été empoisonné dans sa prison russe.

"C'est une affaire très sérieuse", a affirmé M. Rubio lors d'une conférence de presse à Bratislava, ajoutant que si cette enquête n'était pas menée par les États-Unis, "cela ne veut pas dire que nous sommes en désaccord avec le résultat".

Le Kremlin a vivement réagi à ces accusations. La porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova, a qualifié ces déclarations de "désinformation visant à détourner l'attention des problèmes urgents de l'Occident".

Arrestation d'un ancien ministre ukrainien et combats intensifs

L'Agence anticorruption ukrainienne (NABU) a annoncé l'arrestation d'un ancien ministre de l'énergie alors qu'il tentait de quitter le pays. Cette arrestation intervient dans le cadre de l'affaire Midas, un scandale de corruption qui a secoué le secteur énergétique ukrainien l'année dernière.

Sur le terrain, les combats restent extrêmement intenses. L'état-major ukrainien a recensé 205 combats contre les forces russes au cours de la seule journée de samedi. La zone de Pokrovsk, dans l'oblast de Donetsk, reste particulièrement touchée avec 59 assauts russes observés.

Les forces russes ont également affirmé avoir détruit 68 drones ukrainiens au cours de la nuit, principalement au-dessus de la mer d'Azov, de la mer Noire et des régions frontalières.

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Les déclarations politiques et les perspectives de paix

Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a regretté la lenteur des décisions politiques, estimant que "dans cette guerre, les armes évoluent plus vite que les décisions qui doivent les arrêter". Il a également déclaré que Vladimir Poutine "ne s'intéress[ait] plus à rien d'autre" qu'à la guerre.

Marco Rubio a quant à lui exprimé des doutes sur les intentions russes : "Nous ne savons pas si les Russes sont sérieux dans leur volonté de mettre fin à la guerre", a-t-il déclaré alors qu'une nouvelle série de pourparlers doit se tenir la semaine prochaine à Genève.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé l'Europe à "passer à la vitesse supérieure" et à "assumer ses responsabilités" en matière de défense, soulignant la dépendance historique du continent vis-à-vis des États-Unis.