Guerre en Ukraine : Le point sur une nuit de violence et de révélations
Alors que le conflit entre la Russie et l'Ukraine entre dans son 1.446e jour, les hostilités se poursuivent sans relâche. Ce lundi 9 février, les autorités ukrainiennes ont fait état d'une nouvelle vague d'attaques meurtrières, tandis que des témoignages inquiétants sur des pratiques de recrutement émergent.
Une attaque nocturne dévastatrice
Contre toute attente de trêve olympique, les forces russes ont lancé une offensive massive entre dimanche soir et les premières heures de lundi. Onze missiles balistiques et 149 drones, dont des modèles Shahed développés en Iran, ont été déployés sur plusieurs régions ukrainiennes. Ces frappes ont provoqué la mort d'au moins quatre personnes, parmi lesquelles un garçon de dix ans dans les oblasts de Kharkiv, Tcherniguiv et Odessa.
À Odessa, la violence des combats a été particulièrement palpable. Des journalistes de l'Agence France-Presse ont assisté à des scènes de désolation, où des secouristes tentaient de ranimer une victime sous l'éclairage précaire de lampes électriques, devant des immeubles éventrés et en flammes. Les autorités locales ont confirmé le décès d'un homme de 35 ans et les blessures de deux autres individus, dont une jeune femme de 19 ans.
« D'abord, nous avons entendu le bourdonnement d'un Shahed, puis l'impact, suivi d'un autre impact... », raconte un habitant dont l'appartement au quatrième étage a été soufflé, tout comme sa voiture garée à proximité.
Le témoignage poignant d'un recruté forcé
Parallèlement aux affrontements militaires, une enquête révèle des pratiques controversées de recrutement. Victor, un Kenyan de 28 ans, a accepté une offre d'emploi en Russie promettant un salaire mensuel de 2.400 euros, proposée par une agence de recrutement basée à Nairobi. Une fois sur place, il a été enrôlé de force dans l'armée russe, comme des centaines de ses compatriotes.
De retour au Kenya, Victor porte les stigmates de son expérience : des cicatrices sur l'avant-bras droit, souvenirs d'une attaque au drone ukrainien. Il se considère néanmoins chanceux, soulignant que de nombreux autres recrutés n'ont jamais donné signe de vie depuis leur départ.
Les aveux dans une tentative d'assassinat
Dans un autre développement, le service de sécurité russe (FSB) a annoncé que l'auteur présumé de la tentative d'assassinat du général Vladimir Alekseïev, ciblé par des tirs vendredi à Moscou, a passé aux aveux. Lioubomir Korba, né en 1960, arrêté à Dubaï, et son complice Viktor Vassine, né en 1959 et interpellé à Moscou, ont tous deux reconnu leur culpabilité selon un communiqué officiel.
Le FSB affirme que les deux hommes ont détaillé les préparatifs de cette attaque, orchestrée « sur ordre des services de sécurité ukrainiens (SBU) ». Lioubomir Korba aurait été recruté par un agent du SBU en août 2025, avec l'aide de son fils Liouboch Korba, citoyen polonais. Après une formation de tireur à Kiev, il se serait vu proposer 30.000 dollars pour éliminer le général Alekseïev, recevant pour cela un pistolet équipé d'un silencieux et une clé électronique pour accéder à son immeuble.
Ces événements soulignent la complexité et l'intensité persistante du conflit ukrainien, où les lignes de front se mêlent à des opérations clandestines et à des drames humains souvent passés sous silence.