Arrestations massives à Istanbul avant les célébrations du 1er Mai
Ce mardi, près d'une quarantaine de personnes, parmi lesquelles des journalistes, des syndicalistes et des opposants politiques, ont été interpellées à Istanbul et dans ses environs, en prévision des traditionnelles célébrations du 1er Mai. Plusieurs sources rapportent que ces arrestations s'inscrivent dans un dispositif policier visant à verrouiller la ville, comme chaque année.
Soixante-deux mandats d'arrêt émis
Le bureau du procureur général d'Istanbul a annoncé à la presse avoir émis des mandats d'arrêt et ordonné des perquisitions contre soixante-deux personnes, dont quarante-six qualifiées de « susceptibles de commettre des attentats ». Parmi elles, trente-neuf ont été interpellées à Istanbul et dans un quartier de Kocaeli, dans le nord-ouest du pays.
Selon l'association de défense de la presse et des droits MLSA, qui évoque « 46 arrestations », des perquisitions ont été menées chez un avocat ainsi que dans les locaux des journaux d'opposition Özgür Gelecek et Yeni Demokrasi, « dont les portes ont été enfoncées ». L'avocat Serhat Alan, dont le domicile a été perquisitionné, a indiqué que « les documents de garde à vue concernant 46 personnes lui ont été présentés ». La MLSA ajoute que « ce dossier faisant l'objet d'une décision de confidentialité de 24 heures, des restrictions ont été imposées pour l'accès aux avocats ».
L'opposition dénonce des opérations ciblées
Le principal parti pro-kurde DEM, troisième force au parlement, a dénoncé « avant même le 1er mai, des opérations ciblant la gauche et les socialistes », ainsi que des organisations étudiantes. « De nombreux camarades ont été placés en garde à vue », s'insurge le DEM, évoquant des « interventions visant à rétrécir l'espace de la politique démocratique » qui ne feront « qu'approfondir les tensions sociales ».
Un dispositif policier traditionnellement lourd
Chaque année, le 1er Mai donne lieu à un important déploiement policier qui verrouille intégralement, dès la veille au soir, un large périmètre au cœur d'Istanbul et autour de la place Taksim, lieu emblématique des contestations fermé aux manifestations, sur la rive européenne du Bosphore. Ces mesures sont régulièrement critiquées par les organisations de défense des droits humains.



