Le président américain Donald Trump a annoncé mardi 5 mai une suspension de la nouvelle opération militaire visant à ouvrir un corridor de navigation dans le détroit d'Ormuz pour les navires commerciaux. Cette décision, publiée sur les réseaux sociaux, intervient seulement deux jours après le lancement de l'opération baptisée "Project Freedom" (Projet Liberté).
Une pause inattendue
Selon Donald Trump, cette pause "intervient à la demande du Pakistan et d'autres pays" et implique l'arrêt temporaire des opérations militaires américaines, y compris l'usage de navires de guerre pour sécuriser le passage. La suspension durera "pendant une courte période afin de voir si l'accord de paix avec l'Iran peut être finalisé et signé", a-t-il précisé, évoquant déjà de "grands progrès" vers un accord "complet et définitif". En pratique, la marine américaine continuera d'intercepter les navires ayant accosté dans des ports iraniens, mais les opérations aériennes et navales visant à sécuriser le détroit pour le trafic commercial sont interrompues.
Un cessez-le-feu maintenu
Cette annonce survient après deux conférences de presse mardi, l'une au Pentagone et l'autre à la Maison-Blanche, où l'administration a défendu l'efficacité de l'opération malgré des tirs de missiles et de drones iraniens contre des navires américains dès le premier jour. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a indiqué que la mission de protection des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz était temporaire et que d'autres pays devraient ensuite en assumer la charge. Il a également insisté sur le maintien du cessez-le-feu fragile avec l'Iran, malgré les attaques. Le général Dan Caine a précisé que plus de 22 500 marins, répartis sur plus de 1 550 navires commerciaux, attendaient de traverser le détroit, et que le commandement central avait instauré une "zone de sécurité renforcée" sur le flanc sud.
Réactions iraniennes
Du côté iranien, l'annonce de Donald Trump est perçue comme un symbole de "l'échec des États-Unis à atteindre leurs objectifs", selon l'INSA, un média d'État. Ce dernier affirme que le dirigeant américain a mis fin à l'opération "à la suite des positions fermes et des avertissements de l'Iran". Le média d'État Tasnim a également salué cette décision, écrivant que "Trump recule".
Contexte diplomatique
Aucune nouvelle attaque n'a été signalée tôt mercredi, alors que le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi se rendait en Chine pour des discussions diplomatiques. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a condamné les attaques de la veille et souligné l'importance de respecter le cessez-le-feu pour permettre un espace diplomatique menant à une paix durable.



