Crise au Moyen-Orient : Trump reporte ses menaces contre l'Iran
Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi le report de dix jours de son ultimatum concernant des frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes. Initialement prévues plus tôt, ces menaces ont été décalées « jusqu'au lundi 6 avril à 20 heures », selon la déclaration du chef d'État américain. Ce délai supplémentaire a été accordé « à la demande du gouvernement iranien », a-t-il précisé, tout en affirmant que les discussions avec Téhéran se « passent très bien ».
Impact sur les marchés pétroliers et enjeux diplomatiques
Ce nouveau report apporte une légère accalmie aux cours du pétrole, qui repartent à la baisse vendredi. Le prix du baril de brent de la mer du Nord, référence mondiale, redescendait aux alentours de 107 dollars. Malgré cette baisse, il reste néanmoins plus de 40 % plus cher qu'avant le début du conflit au Moyen-Orient. La situation géopolitique continue donc de peser lourdement sur les marchés énergétiques mondiaux.
Parallèlement, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est arrivé en France vendredi pour participer au second jour d'une réunion du G7. Lors de ce sommet, il devrait pousser ses homologues à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz, voie névralgique pour le commerce mondial d'hydrocarbures. C'est précisément pour forcer l'accès à ce détroit stratégique que Donald Trump avait menacé de détruire les centrales électriques en Iran.
À la satisfaction du président américain, l'Iran a selon lui laissé passer « dix navires » par Ormuz ces derniers jours, montrant une certaine ouverture dans la crise.
Échanges diplomatiques complexes
Depuis plusieurs jours, Donald Trump alterne entre menaces de frapper plus fort l'Iran et assurances que le conflit va bientôt se terminer. « Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs […], elles se passent très bien », a-t-il déclaré sur son réseau Truth Social. Il a même affirmé que l'Iran serait plus désireux que lui de négocier pour mettre fin aux hostilités.
Du côté iranien, Téhéran refuse pour l'instant d'utiliser le terme de « discussion » pour qualifier ces échanges. Cependant, selon une source anonyme citée jeudi par l'agence de presse Tasnim, l'Iran aurait transmis « officiellement » et « à travers des intermédiaires » une réponse au plan américain constitué de quinze points. Les autorités iraniennes auraient fixé des conditions précises à une cessation des hostilités et attendraient désormais « un retour de l'autre partie ».
Opérations militaires continues
Alors que Washington semble chercher une porte de sortie diplomatique, les opérations militaires se poursuivent sur le terrain. Les gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé avoir ciblé vendredi avec missiles et drones des cibles militaires et énergétiques en Israël et dans les pays du Golfe abritant des bases militaires américaines.
De son côté, Israël montre sa détermination à intensifier sa campagne militaire avec de nouvelles frappes vendredi sur Téhéran et la banlieue sud de Beyrouth. L'armée israélienne a déclaré avoir mené des frappes d'ampleur sur des infrastructures non précisées dans la capitale iranienne. Au Liban, des explosions ont été entendues et de la fumée vue dans le sud de la capitale, zone considérée par Israël comme un fief du Hezbollah.
Le Liban, entraîné dans le conflit le 2 mars par les représailles à l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei, paie un lourd tribut avec plus de 1 100 morts selon les autorités locales et plus d'un million de personnes déplacées.
Divisions stratégiques et besoins militaires
Israël reste pour l'instant silencieux sur les échanges menés entre Washington et l'Iran via le Pakistan pour faire cesser les combats. La tactique du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui consiste à combattre simultanément en Iran et au Liban, ne fait cependant plus consensus au sein de la classe politique israélienne.
Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, a critiqué des combats qu'il qualifie de « sans stratégie, sans les moyens nécessaires et avec beaucoup trop peu de soldats ». Ces critiques semblent trouver écho au sein même de l'armée, puisque le porte-parole des forces israéliennes Effie Defrin a reconnu jeudi soir que l'armée avait besoin de « forces supplémentaires » pour mener à bien ses opérations.
Samedi marquera le premier mois de cette guerre, déclenchée par l'offensive conjointe des États-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février. Depuis, le conflit s'est étendu à l'ensemble du Moyen-Orient, alimentant les craintes pour l'économie mondiale et l'approvisionnement en pétrole et en gaz. Les prochains jours seront déterminants pour voir si la voie diplomatique pourra prévaloir sur l'escalade militaire.



