Donald Trump exhorte l'Ukraine à négocier rapidement avant les pourparlers de Genève
Le président américain Donald Trump a exprimé son impatience envers l'Ukraine, lundi 16 février 2026, alors qu'il s'adressait à des journalistes à bord d'Air Force One lors d'un vol vers Washington. "L'Ukraine ferait mieux de venir à la table des discussions, et rapidement", a déclaré le chef d'État américain. Cette déclaration intervient à la veille d'une nouvelle session de pourparlers à Genève impliquant des négociateurs russes, ukrainiens et américains.
Contexte militaire tendu et avancées ukrainiennes
Dans un contexte de tensions persistantes, le ministère de la défense ukrainien a rapporté que les forces russes ont lancé 91 missiles balistiques contre l'Ukraine en janvier, constituant le chiffre mensuel le plus élevé depuis le début du conflit. Malgré cette escalade, l'armée ukrainienne a réalisé des gains territoriaux significatifs.
Selon des données de l'Institute for the Study of War analysées par l'AFP, les forces ukrainiennes ont repris 201 kilomètres carrés à l'armée russe entre mercredi et dimanche. Ces contre-attaques coïncident avec des signalements d'interruption des antennes Starlink utilisées par Moscou sur le front, ce qui pourrait expliquer les difficultés logistiques rencontrées par les forces russes.
Les demandes de sécurité de Zelensky avant Genève
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a formulé des exigences claires avant le début des négociations de Genève. Il appelle à des garanties de sécurité "claires" pour l'Ukraine, rappelant que la population ne fait plus confiance aux promesses internationales après l'expérience du mémorandum de Budapest.
"Quand on demande des compromis à des gens qui sont attaqués et qui ne sont pas les agresseurs, que leur donne-t-on en échange ?", s'est interrogé Zelensky sur les réseaux sociaux. Il a souligné que de nombreux Ukrainiens, ayant perdu des proches et leurs maisons, craignent que la Russie ne "revienne" et veulent comprendre concrètement ce que signifient les garanties de sécurité proposées.
Développements politiques et diplomatiques
Plusieurs événements marquent le paysage politique international :
- La France a tenu les autorités russes pour "pleinement responsables" de la mort de l'opposant Alexeï Navalny, deux ans après son décès en prison, appelant à une enquête indépendante.
- L'ex-ministre ukrainien de l'énergie German Galushchenko a été arrêté et est soupçonné de blanchiment d'argent et de participation à une organisation criminelle.
- La Hongrie s'est déclarée prête à accueillir un "sommet pour la paix", affirmant être le seul pays européen à soutenir les efforts de paix de Donald Trump.
- Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a assuré que Washington ne forçait personne à accepter un accord pour mettre fin à la guerre.
Conditions de vie difficiles pour les civils ukrainiens
Sur le terrain, la population civile continue de souffrir des conséquences du conflit. À Kiev, une centaine de bâtiments sont toujours privés de chauffage suite à l'attaque russe du 12 février contre les infrastructures énergétiques. Halyna Budyuk, 66 ans, témoigne des conditions extrêmes : "Je ne peux pas me plaindre. Comparé à nos soldats qui vivent constamment sur le front par des températures aussi basses, ce que nous vivons ici n'est rien".
Dans son appartement où la température oscille entre 6 et 9°C, elle dort avec des gants et utilise plusieurs couches de vêtements pour se réchauffer. Ces témoignages illustrent la résilience de la population ukrainienne face à l'adversité.
Perspectives incertaines pour les négociations
Alors que les pourparlers de Genève s'annoncent complexes, le président tchèque Petr Pavel a exprimé son scepticisme quant à la possibilité d'un accord de paix rapide. "Quiconque s'attendait à ce qu'un accord soit trouvé à court terme a certainement fait preuve de naïveté", a-t-il déclaré, soulignant que la Russie n'a pas encore montré de volonté réelle de négocier.
Le Kremlin a par ailleurs rejeté les conclusions de l'enquête européenne sur la mort de Navalny, les qualifiant de "biaisées et infondées". Cette position contraste avec les appels internationaux à la transparence et à la responsabilisation.



