Donald Trump justifie l'opération Fureur épique en Iran face aux doutes américains
Trump justifie l'opération Fureur épique en Iran

Donald Trump tente de justifier l'opération Fureur épique en Iran

Lundi matin, Donald Trump a cherché à expliquer aux Américains les raisons de l'opération « Fureur épique » lancée samedi en Iran, qui a entraîné la mort de l'ayatollah Ali Khamenei. « Après la destruction du programme nucléaire iranien lors de l'opération “Marteau de minuit”, nous avons averti l'Iran qu'il ne devait pas tenter de reconstruire son arsenal ailleurs… Mais ils ont ignoré ces avertissements », a-t-il déclaré lors d'une cérémonie à la Maison-Blanche.

Des arguments multiples et changeants

Le président américain a également cité « la croissance rapide et spectaculaire » du programme de missiles balistiques conventionnels iraniens, qu'il qualifie de « menace colossale » pour les États-Unis. « Chaque fois que vous voyez quelqu'un amputé des bras et des jambes, ou le visage atrocement défiguré, c'est presque certainement dû à une bombe artisanale iranienne », a-t-il ajouté. L'opération vise aussi à « anéantir leur marine » et à empêcher l'Iran de financer des organisations terroristes.

Sur le nucléaire, Trump a assuré : « Nous avions un accord, et ils se sont rétractés ». Il a estimé que la guerre pourrait durer « quatre à cinq semaines », tout en affirmant que les États-Unis avaient la capacité de tenir plus longtemps. Cette déclaration marquait sa première intervention en direct depuis le lancement de l'opération, annoncée initialement par une vidéo sur Truth Social dans la nuit du 27 au 28 février.

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Des raisons qui suscitent le scepticisme

Pourtant, les Américains ont des questions. Lundi, même Matt Walsh, influenceur clé du mouvement Maga, a ironisé sur l'avalanche de justifications. Les arguments de Trump diffèrent en effet de ceux de sa première vidéo, où il avait évoqué :

  • Les slogans « Mort à l'Amérique »
  • La prise d'otages dans l'ambassade des États-Unis à Téhéran en 1983
  • L'attaque du destroyer USS Cole en 2000
  • Les morts au combat en Irak
  • Les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023

Il avait aussi rappelé les « dizaines de milliers de morts » dans les manifestations contre le régime et lancé aux Iraniens : « Quand nous aurons terminé, prenez le contrôle de votre gouvernement. Ce sera probablement votre seule chance pour des générations… ». Toutes ces raisons peinent à convaincre, car elles varient constamment et apparaissent, pour certaines, douteuses.

Contradictions sur le dossier nucléaire

En novembre 2025, un rapport de la Maison-Blanche affirmait que les frappes de l'opération « Marteau de minuit » avaient « significativement dégradé le programme nucléaire de l'Iran ». Pourtant, le 21 février dernier, Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump en Iran, assurait sur Fox News que l'Iran était « probablement à une semaine de détenir du matériel de fabrication de bombes de qualité industrielle ».

Cette contradiction est difficile à établir puisque l'Agence de l'énergie atomique (AIEA) n'a pas eu accès aux sites iraniens depuis Marteau de Minuit. Rappelons qu'en 2018, Trump s'était retiré de l'accord de 2015 qui permettait de surveiller le programme nucléaire iranien.

Une opportunité diplomatique manquée ?

La semaine dernière, Steve Witkoff et Jared Kushner ont participé à Genève à des pourparlers et se sont dits déçus. Ils exigeaient que Téhéran :

  1. Détruise ses trois sites d'enrichissement nucléaire
  2. Cède ses stocks aux États-Unis
  3. Accepte un accord permanent sans clauses d'extinction

Quand les frappes ont commencé, Badr Albusaidi, ministre des Affaires étrangères d'Oman qui avait facilité les pourparlers, s'est dit « consterné ». Sur CBS, il a assuré que l'Iran avait accepté de ne « jamais » avoir l'arme nucléaire et une « vérification complète » par des ingénieurs américains de l'AIEA. Il a décrit une « opportunité historique » et ajouté que l'Iran était ouvert aux négociations sur les problèmes non nucléaires, dont les missiles.

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La question des missiles balistiques

L'argument des missiles balistiques est fragilisé par un rapport de l'Agence des renseignements de la Défense de mai 2025, qui établissait que l'Iran ne pourrait produire des missiles de longue portée qu'en 2035. Parmi les facteurs moins stratégiques, Trump a posté le 28 février sur Truth Social un article de JustTheNews.com introduit par la mention : « L'Iran a tenté d'interférer dans les élections de 2020-2024 pour arrêter Trump ».

Communications contradictoires avec les médias

Trump a livré aux journalistes américains des motifs divers pour la guerre :

  • Au Washington Post, il a parlé de « la liberté pour le peuple » iranien
  • Au site Axios, qu'il pouvait « terminer ça en deux ou trois jours » en cas d'accord
  • À CNN, qu'il misait sur « quatre semaines » mais que la « grosse vague » des attaques était à venir
  • Au New York Times, que la guerre durerait « quatre à cinq semaines » et qu'il avait « trois très bons » candidats pour prendre le pouvoir en Iran

Il a ensuite révélé à ABC News que l'attaque initiale avait été « si réussie qu'elle a éliminé la plupart des candidats ». « Ça ne va être personne auquel on pensait parce qu'ils sont tous morts. Le deuxième ou le troisième choix sont morts », a-t-il confié.

La remise en cause de la « menace imminente »

Dimanche, des membres du Pentagone ont révélé à des élus du Congrès que l'Iran ne prévoyait pas de frapper les forces américaines au Proche-Orient, à moins qu'Israël n'attaque en premier. Le secrétaire d'État Marco Rubio l'a confirmé lundi soir : « La menace imminente résidait dans le fait que nous savions que si l'Iran était attaqué – et nous pensions qu'il le serait –, il riposterait immédiatement contre nous ».

Matt Walsh a réagi sur les réseaux sociaux : « Donc il est carrément en train de nous dire que nous sommes en guerre contre l'Iran parce qu'Israël nous a forcé la main ». Mike Johnson, président républicain de la Chambre des représentants, a qualifié « Fureur épique » d'« opération défensive », puisque Israël était déterminé à agir contre l'Iran.

L'abandon de la transition démocratique

Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat, a estimé que la réunion avec le « Gang des Huit » avait « soulevé bien plus de questions qu'elle n'avait apporté de réponses ». Le sénateur Mark Warner a affirmé : « Il n'y avait aucune menace imminente pour les États-Unis de la part des Iraniens. Il y avait une menace pour Israël ».

Rubio a martelé : « Notre mission, et ce sur quoi nous nous concentrons, est la destruction de leurs capacités de missiles balistiques et leur capacité à les construire, de même que la menace posée par leur marine… ». Le matin même, Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, avait déclaré que l'opération serait menée « sans règles stupides d'engagement ». « Pas de bourbier de construction nationale, pas d'exercice de construction de la démocratie », a-t-il ajouté. Parmi la myriade de raisons invoquées, celle de la transition démocratique semble avoir définitivement disparu.