Donald Trump lance un ultimatum de 48 heures à l'Iran, menace de déchaîner « les feux de l'enfer »
Le président américain Donald Trump a adressé samedi un ultimatum de 48 heures à l'Iran, exigeant que le pays conclue un accord ou rouvre le détroit stratégique d'Ormuz, sous peine de voir les États-Unis déchaîner « les feux de l'enfer ». Cette déclaration intervient au 36e jour d'une guerre déclenchée par une offensive israélo-américaine contre l'Iran, marquée par des frappes sur une centrale nucléaire emblématique et la recherche d'un aviateur américain disparu.
Un ultimatum menaçant sur les réseaux sociaux
« Vous vous souvenez quand j'ai donné 10 jours à l'Iran pour CONCLURE UN ACCORD ou ROUVRIR LE DETROIT D'ORMUZ. Le temps presse - 48 heures avant de déchaîner les enfers sur eux », a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. Le président américain, 36 jours après le début des hostilités au Moyen-Orient, a ainsi rappelé l'ultimatum qu'il a fixé à l'Iran, accentuant la pression sur Téhéran dans un conflit qui ébranle l'économie mondiale.
Frappe sur la centrale nucléaire de Bouchehr
Plus tôt samedi, la centrale nucléaire de Bouchehr, construite avec l'aide de la Russie, a été visée par une frappe. Il s'agit de la seule installation nucléaire civile opérationnelle en Iran, et elle a déjà été touchée à quatre reprises depuis le début de la guerre le 28 février. Riveraine du Golfe, la centrale est plus proche de capitales comme Koweït City ou Doha que de Téhéran, distante de plus de 750 km.
Selon l'agence de presse Irna, un projectile a touché « une zone proche de la centrale », où un garde a été tué. Aucun dommage n'a été recensé sur les installations, mais l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a exprimé sa « profonde préoccupation », notant qu'« aucune augmentation des niveaux de radiation » n'a été signalée. Son directeur général, Rafael Grossi, a rappelé sur X que « les sites de centrales nucléaires ou les zones avoisinantes ne doivent jamais être attaqués ».
Recherche d'un aviateur américain disparu
Pendant ce temps, Téhéran et Washington s'activent pour retrouver un des deux occupants du premier avion américain à s'être écrasé depuis le début de la guerre en Iran. L'armée iranienne a affirmé avoir abattu vendredi un chasseur-bombardier F-15E. Un des deux aviateurs s'est éjecté et a été exfiltré par des forces spéciales, le sort du second demeurant inconnu, ont rapporté des médias américains.
L'armée iranienne a aussi affirmé avoir touché un autre avion américain, un A-10 Thunderbolt II, qui s'est ensuite abîmé dans le Golfe. La Maison Blanche s'est bornée à dire que M. Trump avait « été tenu informé » de la perte d'un appareil dans le sud-ouest de l'Iran. Dans une interview à NBC, il a assuré que cela ne changeait « rien du tout » à la tenue d'éventuelles négociations avec Téhéran.
Évacuation russe et tensions régionales
Condamnant la frappe sur Bouchehr, la Russie a annoncé que près de 200 employés du géant nucléaire Rosatom avaient commencé à évacuer la centrale « à peu près 20 minutes après » l'attaque. Parallèlement, l'Iran dit viser les pays du Golfe qui abritent des intérêts américains, en représailles aux frappes visant son territoire.
Sur le front libanais, l'armée israélienne a de nouveau appelé les habitants de plusieurs secteurs de la ville méridionale de Tyr à évacuer, avertissant qu'elle s'apprêtait à agir contre le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran. Un hôpital de Tyr a été endommagé par deux frappes qui ont visé des bâtiments à proximité, faisant 11 blessés.
Blocus du détroit d'Ormuz et impacts économiques
Dans le détroit d'Ormuz, quasiment bloqué par l'Iran depuis le début de la guerre, les Gardiens de la Révolution ont dit avoir visé par drone un navire « lié » à Israël, qui a pris feu dans un port de Bahreïn. La navigation s'effectue au compte-gouttes dans ce détroit crucial pour l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz, avec seulement quelques navires ayant pu passer récemment.
Depuis le début de la guerre, aucun soldat américain n'a été tué ni capturé sur le sol iranien, mais 13 ont péri au Koweït, en Arabie saoudite et en Irak. Les hostilités ont fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, s'étendant à plusieurs pays de la région. Donald Trump avait menacé de s'en prendre à des infrastructures civiles comme les centrales électriques, bien que cela puisse exposer les États-Unis à des accusations de crimes de guerre.
Découragement de la population iranienne
À Téhéran, où une épaisse fumée grise à l'origine indéterminée a recouvert en matinée le nord de la capitale, un habitant a fait part à l'AFP de son découragement. « Les choses sont vraiment dures actuellement. On ne peut rien prévoir au-delà de six heures », a déclaré ce photographe de 40 ans, joint depuis Paris. L'homme explique qu'il en est réduit à vendre des effets personnels en ligne afin de survivre et à se réfugier dans l'alcool « en espérant que la République islamique disparaîtra un jour ».
D'autres infrastructures iraniennes ont été visées, dont un terminal commercial à un poste-frontière avec l'Irak, tuant un ressortissant irakien, et une installation pétrochimique à Mahshahr, faisant cinq blessés. Plus de 30 universités ont été également touchées depuis le 28 février, selon le ministre iranien des Sciences, illustrant l'ampleur des destructions dans ce conflit qui semble s'enliser.



