États-Unis : services consulaires dans une colonie israélienne, un tournant symbolique
États-Unis : passeports dans une colonie israélienne

États-Unis : services consulaires dans une colonie israélienne, un tournant symbolique

Une décision symboliquement lourde de conséquences vient d'être prise par Washington. Pour la première fois, les États-Unis vont fournir cette semaine des services de passeport dans une colonie israélienne en Cisjordanie, ont annoncé mardi 24 février plusieurs officiels américains. Des officiers consulaires vont assurer des services routiniers de passeport à Efrat le vendredi 27 février, a précisé l'ambassade américaine à Jérusalem sur le réseau social X. Cette localité est une colonie située au sud de la ville palestinienne de Bethléem.

Un marqueur fort de soutien à Israël

L'annonce de Washington constitue un nouveau marqueur fort de son soutien à Israël, qui ne cesse d'étendre son influence en Cisjordanie. Des dizaines de milliers de ressortissants américains disposant de la double nationalité israélienne résideraient dans ce territoire, selon des estimations. La même source diplomatique a ajouté qu'un projet similaire était prévu à Ramallah, ainsi que dans d'autres colonies et villes de la région.

Au sein du gouvernement du Premier ministre Benyamin Netanyahou, de nombreux élus nationalistes prônent une annexion du territoire occupé. Ce mois-ci, le pouvoir israélien a d'ailleurs approuvé de nouvelles mesures destinées à renforcer son contrôle sur cette région. Celles-ci permettent notamment de faciliter l'achat de terres par les colons israéliens – une initiative dénoncée par les Palestiniens comme une "annexion de facto".

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Une "claire violation du droit international"

Israël s'est logiquement empressé de saluer cette décision américaine. "Nous saluons l'importante décision de l'ambassade américaine d'étendre ses services consulaires à Efrat", s'est félicité mercredi le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar. À l'inverse, une commission liée à l'Autorité palestinienne a appelé les États-Unis à revenir sur ce projet, fustigeant une "claire violation du droit international".

La position américaine apparaît comme à rebours de celle adoptée par la plupart des alliés occidentaux et arabes de Washington. Dans une déclaration conjointe publiée lundi 24 février, un groupe de ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays, dont la France, l'Espagne, la Turquie, l'Égypte et l'Arabie saoudite, ont condamné "avec la plus grande fermeté" les mesures décidées par l'État hébreu qui "étendent considérablement le contrôle illégal d'Israël sur la Cisjordanie".

Contexte régional tendu

Fervent soutien d'Israël, le président américain Donald Trump a déclaré par le passé être opposé à une annexion par Israël de la Cisjordanie. Mais il n'a pris aucune mesure pour empêcher l'élargissement des colonies dans le territoire palestinien. D'après plusieurs ONG, leur nombre a d'ailleurs grimpé depuis que Donald Trump est revenu au pouvoir à la Maison-Blanche, en janvier 2025.

En marge de la guerre dans la bande de Gaza contre le Hamas, Israël a intensifié ses opérations militaires et renforcé son contrôle en Cisjordanie, qu'il occupe depuis la guerre de 1967. L'ONG Human Rights Watch a accusé dans un rapport publié en novembre dernier l'État hébreu de crimes de guerre avec des déplacements forcés dans le territoire palestinien.

Benyamin Netanyahou et les membres de sa coalition gouvernementale donnent régulièrement des gages aux colons, l'un de leurs socles électoraux. Au total, plus de 500 000 colons israéliens vivent en Cisjordanie, selon les dernières estimations. Malgré les déclarations d'opposition formelle de l'administration Trump à l'annexion, l'annonce de la mise en place de services de passeport dans une colonie pourrait renvoyer à une certaine légitimation de l'action israélienne dans ce territoire disputé.

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