Soudan : une frappe de drone meurtrière cible un hôpital pendant une campagne de vaccination
Une attaque de drone particulièrement violente a frappé l'hôpital Al-Jabalain dans l'État du Nil Blanc au Soudan, causant la mort d'au moins dix personnes. L'organisation humanitaire Médecins sans frontières a dénoncé jeudi cette attaque inacceptable qui s'est produite alors qu'une campagne de vaccination infantile était en cours dans l'établissement médical.
Le déroulement tragique de l'attaque
Selon le communiqué de MSF, deux frappes distinctes ont touché l'hôpital : la première a visé le bloc opératoire tandis que la seconde a atteint la maternité. « Cette attaque est d'autant plus choquante qu'elle s'est produite pendant une campagne de vaccination infantile », a souligné l'organisation médicale. Parmi les victimes, sept membres du personnel médical ont perdu la vie, dont le directeur de l'hôpital.
Le ministère de la Santé soudanais, aligné sur l'armée régulière, a confirmé le bilan de dix morts et a précisé que vingt-deux personnes supplémentaires avaient été blessées lors de cette attaque. MSF a indiqué avoir fourni du carburant pour le transfert de dix-neuf blessés vers la ville de Kosti, située à environ quatre-vingts kilomètres de l'hôpital touché.
Les responsabilités contestées
L'attaque a été attribuée aux Forces de soutien rapide (FSR), les paramilitaires opposés aux forces gouvernementales dans le conflit qui déchire le Soudan depuis avril 2023. Une source gouvernementale et deux témoins anonymes ont confirmé à l'AFP que les FSR avaient ciblé cet hôpital de la région méridionale située à l'est du Kordofan.
Cependant, les Forces de soutien rapide ont catégoriquement nié toute responsabilité dans cette attaque, qualifiant les accusations de « fausses » et dénonçant un « scénario fabriqué » par l'armée régulière. Cette région du Nil Blanc représente une nouvelle extension du conflit qui ravage le pays depuis plus d'un an.
Une escalade inquiétante des violences contre les structures de santé
MSF s'est dite indignée par ces attaques répétées contre les infrastructures médicales, qui se sont dangereusement intensifiées ces dernières semaines. L'organisation a rappelé qu'un précédent tragique avait eu lieu le 20 mars dernier, lorsqu'une frappe attribuée cette fois à l'armée régulière avait dévasté l'hôpital universitaire d'El-Daein dans le Darfour-Est, faisant soixante-dix morts et cent quarante-six blessés.
« Nous appelons les belligérants à mettre immédiatement fin à cette spirale de violence contre les structures médicales », a insisté Médecins sans frontières dans son communiqué. L'organisation humanitaire a souligné que ces attaques systématiques contre le système de santé constituent une violation grave du droit international humanitaire.
Le contexte d'une guerre civile dévastatrice
Cette nouvelle tragédie s'inscrit dans le cadre plus large de la guerre civile qui oppose depuis avril 2023 l'armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide. Selon les estimations des Nations unies, ce conflit a déjà fait plusieurs dizaines de milliers de morts et a déplacé plus de douze millions de personnes, dont près d'un million ont trouvé refuge au Tchad voisin.
La situation humanitaire continue de se détériorer dans l'ensemble du pays, avec des infrastructures vitales comme les hôpitaux devenant régulièrement la cible des combattants des deux camps. La communauté internationale suit avec inquiétude cette escalade de violence qui menace directement la vie des civils et l'accès aux soins médicaux essentiels.



