La Russie adapte sa stratégie militaire après la perte de Starlink
L'armée russe a significativement augmenté son utilisation de bombes aériennes guidées sur les positions ukrainiennes depuis le blocage du système Starlink début février 2026. Selon le porte-parole des forces de défense du Sud, Vladyslav Volochyn, Moscou déploie désormais plus d'une centaine de ces munitions de précision quotidiennement, compensant ainsi la diminution des frappes par drones.
Cette adaptation tactique intervient dans un contexte où les infrastructures énergétiques ukrainiennes demeurent la cible privilégiée des attaques russes. Le ministère britannique de la Défense rapporte que depuis octobre 2025, plus de 20 000 drones offensifs et 300 missiles ont été lancés contre le réseau électrique et les capacités de chauffage ukrainiennes.
Pessimisme européen sur les perspectives de paix
Les chefs de cinq services de renseignement européens expriment un profond scepticisme quant à la possibilité d'aboutir à un accord de paix cette année. Selon des informations rapportées par Reuters, ces responsables estiment que la Russie utilise les négociations principalement pour obtenir un allégement des sanctions et conclure des accords commerciaux avantageux.
Le chancelier allemand Friedrich Merz partage cette vision pessimiste, déclarant que "des arguments rationnels et humanitaires ne convaincront pas Poutine". Il juge "pratiquement impossible" un retour à des relations normales avec Moscou dans un avenir prévisible.
Développements sur le terrain militaire
L'état-major ukrainien a recensé près de 100 combats contre les forces russes au cours de la seule journée du 19 février. Les zones les plus touchées incluent :
- La région de Pokrovsk dans l'oblast de Donetsk avec 29 assauts russes
- Le nord de Soumy avec plus de 50 bombardements
- La région de Houliaïpole dans l'oblast de Zaporijia avec 15 attaques repoussées
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé le coût humain exorbitant de l'avancée russe, affirmant que "les Russes sacrifient 156 hommes pour s'emparer d'un kilomètre de notre territoire".
Controverse autour des Jeux paralympiques
La décision du Comité international paralympique d'autoriser six athlètes russes et quatre biélorusses à participer sous leurs drapeaux nationaux aux Jeux de Milan-Cortina 2026 suscite de vives réactions. L'Italie, pays hôte, a exprimé son "opposition totale" à cette mesure, tandis que l'Ukraine a annoncé le boycott des événements officiels par ses responsables.
Malgré cette controverse, le Comité paralympique ukrainien a confirmé que ses athlètes participeront bien aux compétitions, le président Valeriy Sushkevych estimant qu'un boycott "permettrait à Poutine de prendre le dessus".
Enrôlement controversé de ressortissants étrangers
Un député kényan a révélé que plus de 1 000 citoyens kényans auraient été recrutés pour combattre aux côtés des forces russes en Ukraine, un chiffre bien supérieur aux estimations précédentes. Les familles de 35 de ces recrues ont manifesté à Nairobi pour exiger leur rapatriement, brandissant des photos de leurs proches disparus.
Parallèlement, la Moldavie et l'Ukraine mènent une enquête conjointe sur des "intentions d'assassinat de personnalités publiques ukrainiennes" attribuées aux services spéciaux russes.
Soutien international à l'Ukraine
La Suède a annoncé une nouvelle aide militaire de 1,2 milliard d'euros, principalement axée sur les capacités de défense aérienne. Cette enveloppe comprend des systèmes Tridon Mk2 et des munitions d'artillerie, avec un objectif de livraison dans les 24 mois.
Sur le plan diplomatique, le président du Conseil européen Antonio Costa a affirmé que l'Union européenne souhaite ouvrir "dès que possible" les négociations d'adhésion avec l'Ukraine, sans toutefois s'engager sur un calendrier précis.
Ces développements surviennent alors que les pertes humaines russes continuent d'augmenter. Une collaboration entre le service russe de la BBC, Mediazona et des bénévoles a identifié plus de 173 400 soldats russes tués depuis le début du conflit, avec des disparités régionales significatives dans le taux de mortalité.



