La Russie défie le Royaume-Uni en escortant des pétroliers de sa flotte fantôme dans la Manche
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La Russie provoque le Royaume-Uni en escortant ses pétroliers dans la Manche

Cela ressemble à un défi russe en pleine mer. Un mois après l'autorisation donnée par le Premier ministre britannique Keir Starmer aux forces spéciales de capturer les pétroliers de la flotte fantôme russe, le message a été clairement reçu par Vladimir Poutine. Mercredi matin, aux alentours de 9 heures, la frégate Amiral Grigorovich a escorté deux navires suspectés de faire partie de cette flotte et visés par des sanctions britanniques pour traverser la Manche, selon une information exclusive du Telegraph.

Deux pétroliers sous escorte militaire russe

Les deux navires en question sont l'Universal, battant pavillon russe, et l'Enigma, sous pavillon camerounais. Selon le média britannique, l'Universal aurait quitté le port russe de Vystosk, près de la frontière finlandaise, avec pour mission de livrer du pétrole russe et ainsi financer l'effort de guerre du Kremlin en Ukraine. De son côté, l'Enigma, parti de Primorsk au nord de Saint-Pétersbourg, se dirigerait vers la Turquie.

Interrogé sur cette opération d'escorte, le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a fermement défendu cette décision. "Au cours des derniers mois, nous avons été témoins de plusieurs incidents de piratage dans les eaux internationales, a-t-il affirmé aux journalistes. Ces incidents de piratage ont, entre autres, nui aux intérêts économiques de la Fédération de Russie." La flotte fantôme russe est une armada de plusieurs centaines de vieux pétroliers, utilisés par le Kremlin pour contourner les sanctions internationales imposées depuis le début du conflit en Ukraine.

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Les menaces britanniques restent sans effet

Le mois dernier, Keir Starmer avait pourtant affirmé avec force que le Royaume-Uni frapperait "encore plus fort" tout bateau de la flotte fantôme naviguant dans les eaux britanniques. "Poutine se frotte les mains à la guerre au Moyen-Orient parce qu'il pense que la hausse des prix du pétrole lui permettra de se remplir les poches", avait lancé le chef du gouvernement, souhaitant affamer "la machine de guerre de Poutine des sales profits qui financent sa campagne barbare en Ukraine".

Pourtant, la Royal Navy n'a pas intercepté ces deux pétroliers. Aucun navire russe n'a d'ailleurs été intercepté par le Royaume-Uni depuis les déclarations tonitruantes de Keir Starmer. Alors que la France a intercepté plusieurs pétroliers en Méditerranée, comme le Deyna le 20 mars dernier, plusieurs dizaines ont traversé la Manche ces dernières semaines sans être inquiétés. Toujours selon le Telegraph, deux autres pétroliers sous sanctions, le Desert Kite et le Kousai, ont été aperçus en train de traverser la Manche dans le sens inverse, mercredi.

Une Royal Navy en grande difficulté

Face à ces échecs répétés, l'état de la Royal Navy vaut au Royaume-Uni de nombreuses critiques acerbes. Fin mars, Donald Trump qualifiait les deux porte-avions britanniques de "jouets", après que Keir Starmer ait refusé dans un premier temps de les envoyer au Moyen-Orient. Le Premier ministre britannique avait finalement envoyé un seul destroyer dans la région, le HMS Dragon, après que la base de l'armée de l'air britannique à Chypre eut été touchée par un drone iranien.

Le bâtiment a mis trois semaines à arriver en Méditerranée et a déjà été obligé de retourner au port à cause d'un souci d'approvisionnement en eau, révélant des problèmes logistiques préoccupants.

Des investissements de défense bloqués

Selon le Telegraph, l'industrie militaire britannique est actuellement paralysée alors que le plan d'investissement en matière de défense n'a toujours pas été publié. Selon The Independent, le retard serait lié à un différend profond au sujet du financement entre le ministère de la Défense et le Trésor. Sans ce plan crucial, les entreprises de défense ne peuvent pas se projeter dans les projets futurs et donc développer les capacités de l'armée britannique.

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Une mission secrète pour protéger les câbles sous-marins

En parallèle de ces révélations, la Grande-Bretagne a annoncé avoir déployé des navires militaires pour lutter contre les attaques contre les cibles et les pipelines des câbles sous-marins russes. Selon le ministre de la Défense britannique John Healey, ils auraient passé plus d'un mois dans les eaux territoriales du pays en début d'année. Une opération menée en collaboration étroite avec la Norvège, qui a envoyé des avions de patrouille maritime P-8 et une frégate pour renforcer cette mission de protection stratégique.

Cette escalade maritime entre la Russie et le Royaume-Uni révèle les tensions croissantes autour du contournement des sanctions et les difficultés concrètes que rencontre la Royal Navy pour faire respecter les décisions politiques dans les eaux internationales.