Le Royaume-Uni durcit sa riposte contre la flotte fantôme russe
Le gouvernement britannique a annoncé mercredi une mesure forte pour contrer les manœuvres de contournement des sanctions par la Russie. Désormais, les forces armées et les forces de l'ordre du Royaume-Uni sont autorisées à arraisonner et saisir des navires soupçonnés d'appartenir à la « flotte fantôme » russe s'ils pénètrent dans les eaux territoriales britanniques, y compris dans la Manche.
544 navires sous surveillance accrue
Selon un communiqué de Downing Street, Londres a identifié et sanctionné 544 navires soupçonnés de faire partie de cette flotte, principalement composée de pétroliers vieillissants. Cette flotte permet à Moscou de contourner les sanctions occidentales imposées depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. « Le Royaume-Uni va resserrer l'étau autour de la flotte, en fermant ses eaux aux navires sanctionnés », indique le texte.
Les opérateurs de ces navires seront contraints de choisir entre des routes maritimes plus longues et coûteuses, ou risquer une interception par les forces britanniques. Chaque opération d'arraisonnement devra être préalablement approuvée par le gouvernement.
Une annonce stratégique lors d'un sommet nordique
Cette décision intervient alors que le Premier ministre Keir Starmer doit s'exprimer jeudi à Helsinki lors d'un sommet de la Joint Expeditionary Force, une alliance menée par le Royaume-Uni et réunissant dix pays du nord de l'Europe. Dans le communiqué, Keir Starmer a déclaré : « Vladimir Poutine se frotte les mains [...] parce qu'il pense que la hausse des prix du pétrole va lui permettre de s'en mettre plein les poches. C'est pourquoi nous nous attaquons encore plus durement à sa flotte fantôme. »
Selon les estimations britanniques, 75 % du pétrole brut russe est transporté par cette flotte délabrée, soulignant l'importance économique de cette mesure.
Contexte international et actions coordonnées
Cette annonce survient dans un contexte où Washington a levé temporairement certaines restrictions sur le pétrole russe pour atténuer la hausse des prix, liée à la guerre au Moyen-Orient. Parallèlement, le Royaume-Uni a récemment soutenu une opération américaine visant à saisir un pétrolier lié à la Russie, le Marinera, dans l'Atlantique Nord.
D'autres pays européens, dont la France, la Belgique et la Finlande, ont également procédé à des saisies de navires soupçonnés d'appartenir à cette flotte fantôme. Downing Street précise qu'après l'interception d'un navire, des poursuites pénales pourront être engagées contre les propriétaires, les exploitants et l'équipage pour violation de la législation britannique sur les sanctions.
Cette mesure marque une étape significative dans les efforts occidentaux pour limiter les ressources financières de la Russie, tout en testant la résilience des alliances en période de tensions géopolitiques accrues.



