Les États-Unis mettent fin à leur présence militaire en Syrie
Les forces américaines se préparent à quitter entièrement la Syrie, un retrait qui doit s'achever d'ici un mois, selon plusieurs sources. Ce départ marque un tournant significatif dans la lutte antijihadiste et la géopolitique complexe de la région, après environ douze ans d'engagement militaire.
Un retrait progressif des bases stratégiques
Lundi, les États-Unis ont commencé à se retirer de la base de Qasrak, située dans la province de Hassaké, une zone encore sous contrôle kurde. Un responsable kurde a observé une colonne de dizaines de poids lourds transportant des blindés et des préfabriqués en direction de la frontière avec l'Irak. Ce mouvement s'inscrit dans un processus plus large, les forces américaines ayant déjà évacué deux autres bases, al-Tanf et al-Chaddadi, au cours des deux dernières semaines.
Un responsable gouvernemental syrien, sous couvert d'anonymat, a confirmé : « D'ici un mois, ils se seront retirés de Syrie et il n'y aura plus aucune présence militaire dans les bases. » Jusqu'à présent, environ un millier de militaires américains étaient déployés dans des bases établies dans des régions échappant au contrôle du régime de Bachar al-Assad, renversé en décembre 2024 par une coalition islamiste.
La fin d'une mission antijihadiste de longue date
Washington avait formé la coalition internationale antijihadiste en 2014, après que Daesh eut pris le contrôle de vastes territoires en Syrie et en Irak, profitant de la guerre civile. Bien que Daesh ait été vaincu militairement en Syrie en 2019, grâce notamment aux forces kurdes en première ligne, l'organisation conserve des cellules dormantes dans les zones désertiques. Récemment, dans son premier message audio depuis deux ans, Daesh a appelé ses combattants à défier les nouvelles autorités syriennes.
Un diplomate d'un pays allié à Washington et Damas a précisé que « le retrait devrait être achevé d'ici vingt jours » et que les États-Unis ne maintiendront plus de bases en Syrie. Cependant, il a ajouté que les Américains pourront désormais « mener des frappes aériennes en Syrie à partir de leurs bases dans la région », assurant une capacité de surveillance continue.
L'intégration des forces kurdes et les défis sécuritaires
Le retrait américain coïncide avec l'intégration prévue des forces kurdes dans l'armée syrienne, conformément à un accord annoncé fin janvier sous la pression militaire de Damas. Les États-Unis estiment que « la mission initiale » des forces kurdes, en tant que principale force anti-Daesh, a largement pris fin, d'autant plus que le président syrien Ahmad al-Chareh a rejoint la coalition antijihadiste.
Pour garantir la sécurité, l'armée américaine a transféré plus de 5 700 détenus présumés membres de Daesh de Syrie vers l'Irak, les prisons précédemment contrôlées par les Kurdes étant désormais sous surveillance renforcée. De plus, les autorités ont évacué la semaine dernière le camp d'al-Hol vers un autre site dans le nord de la Syrie, suite à l'évasion de milliers de proches de jihadistes étrangers.
Contexte régional et implications géopolitiques
Ce retrait intervient dans un contexte de tensions accrues autour de l'Iran, où les États-Unis massent leurs capacités militaires et menacent de frappes en cas d'échec des négociations sur le programme nucléaire de Téhéran. Le responsable kurde a souligné que « les forces de la coalition internationale vont mettre fin, dans une période allant de trois à cinq semaines, à leur présence qui aura duré environ 12 ans dans le nord et le nord-est de la Syrie ».
Au cours des prochains jours, des convois transporteront les équipements militaires, logistiques, ainsi que les systèmes de radar et de missiles depuis les deux bases restantes, Qasrak et Kharab al-Jir, toutes deux situées dans la province de Hassaké. Ce départ marque une étape clé dans la réorganisation des alliances et des stratégies de sécurité au Moyen-Orient.



