Les forces américaines achèvent leur retrait de Syrie après 12 ans de présence
Retrait américain de Syrie après 12 ans de présence

La fin d'une présence militaire de douze ans en Syrie

Les forces américaines, surnommées les « GI Joe », ont entamé leur retrait définitif de Syrie, marquant la fin d'une présence militaire qui aura duré près de douze années. Ce processus de désengagement, qui a débuté lundi dernier, devrait s'achever complètement d'ici un mois, selon plusieurs sources concordantes citées par l'AFP.

Le départ des dernières bases stratégiques

Le retrait a commencé depuis la base de Qasrak, située dans la province de Hassaké, une région qui demeure sous le contrôle des forces kurdes. Une équipe de l'Agence France-Presse a pu observer une impressionnante colonne de dizaines de poids lourds, chargés de blindés et de structures préfabriquées, quittant cette zone pour se diriger vers la frontière irakienne.

Ce mouvement fait suite à l'évacuation récente de deux autres bases stratégiques : al-Tanf dans le sud-est et al-Chaddadi dans le nord-est du pays. Un responsable gouvernemental syrien, ayant requis l'anonymat, a confirmé à l'AFP que « d'ici un mois, ils se seront retirés de Syrie et il n'y aura plus aucune présence militaire dans les bases ».

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Une présence militaire réduite mais significative

Jusqu'à présent, les États-Unis maintenaient environ un millier de militaires sur le territoire syrien, principalement stationnés dans des bases établies dans des zones échappant au contrôle du gouvernement de Bachar al-Assad. Ces forces avaient pour mission principale de mener des opérations aériennes contre le groupe État islamique (EI), dans le cadre de la coalition internationale antijihadiste formée en 2014.

Cette coalition avait été mise en place après la prise par l'EI de vastes territoires en Syrie et en Irak, profitant du chaos engendré par la guerre civile. Bien que l'EI ait été militairement vaincu en Syrie en 2019, grâce notamment aux efforts des forces kurdes en première ligne, l'organisation conserve des cellules dormantes dans les régions désertiques et continue de représenter une menace.

Un retrait progressif mais définitif

Un diplomate d'un pays allié à la fois à Washington et à Damas, ayant également souhaité garder l'anonymat, a précisé que « le retrait devrait être achevé d'ici vingt jours » et que les États-Unis ne maintiendront plus de bases permanentes en Syrie. Cependant, cette source a indiqué que Washington conservera la capacité de « mener des frappes aériennes en Syrie à partir de ses bases dans la région » si nécessaire.

Un responsable kurde a confirmé ces informations, ajoutant que « les forces de la coalition internationale vont mettre fin, dans une période allant de trois à cinq semaines, à leur présence qui aura duré environ 12 ans dans le nord et le nord-est de la Syrie ».

L'évacuation des équipements militaires

Le processus de retrait implique le transport de matériels militaires et logistiques conséquents. « Au cours des prochains jours, des convois vont transporter les équipements militaires et logistiques ainsi que les systèmes de radar et de missiles, depuis les deux bases restantes dans le nord et l'est de la Syrie », a expliqué le responsable kurde.

Ces deux dernières bases sont Qasrak et Kharab al-Jir, toutes deux situées dans la province de Hassaké, considérée comme le dernier bastion kurde dans la région.

Contexte régional et implications stratégiques

Ce retrait américain intervient à un moment où le pouvoir central de Damas, soutenu par Washington, étend progressivement son autorité sur l'ensemble du territoire syrien et a rejoint la coalition antijihadiste. Parallèlement, les États-Unis redéploient leurs capacités militaires autour de l'Iran, menaçant de frapper Téhéran en cas d'échec des négociations sur son programme nucléaire.

Cette décision marque ainsi un tournant significatif dans l'engagement militaire américain au Moyen-Orient, tout en laissant planer des questions sur la stfuture de la région et la capacité des nouvelles autorités syriennes à contenir la résurgence éventuelle de groupes jihadistes.

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