Est-ce un énième coup de bluff de la Russie dans les négociations, toujours au point mort, pour mettre fin à la guerre en Ukraine ? Face au Premier ministre slovaque, Vladimir Poutine s’est montré samedi ouvert à une rencontre avec Volodymyr Zelensky.
Fico isolé au sein de l’UE
Le président russe a reçu au Kremlin Robert Fico, seul dirigeant européen venu assister aux commémorations du 9-Mai à Moscou. « Votre position constante en faveur de la préservation de la vérité historique force le respect », a déclaré Vladimir Poutine au début de leur rencontre, louant également « la politique étrangère souveraine » du gouvernement slovaque. La Russie, a-t-il poursuivi, fera « tout son possible pour répondre aux besoins énergétiques » de Bratislava.
Car Robert Fico, isolé au sein de l’Union européenne en raison de ses positions prorusses, entend bien continuer à s’approvisionner en pétrole russe. À ce titre, la Slovaquie a annoncé fin avril qu’elle recevait de nouveau du pétrole russe après que Kiev a réparé un tronçon de l’oléoduc Droujba transitant par l’Ukraine, qui avait été endommagé par une frappe russe en janvier. « Je m’oppose à la création de tout nouveau rideau de fer entre l’Europe, l’Union européenne et la Fédération de Russie », a déclaré Robert Fico depuis la Russie.
Zelensky prêt à rencontrer Poutine
Le dirigeant slovaque a surtout affirmé avoir transmis un message du président ukrainien à Vladimir Poutine, enregistré dans l’avion le ramenant à Bratislava. « Lundi en Arménie, lors de notre rencontre en tête-à-tête, [Volodymyr Zelensky] m’a dit qu’il était prêt à rencontrer Vladimir Poutine dans n’importe quel format », a déclaré Robert Fico, ajoutant que la réponse du maître du Kremlin avait été « claire » : « Si le président ukrainien est intéressé par une rencontre, il doit contacter son homologue russe par téléphone. »
Comme l’ancien Premier ministre hongrois Viktor Orban, Robert Fico critique le soutien de l’UE à l’Ukraine depuis le début de l’offensive de Moscou, ainsi que la politique d’isolement de la Russie menée par Bruxelles.
Et cela ne plaît pas à ses partenaires européens. Pour ce déplacement à l’occasion des célébrations du 9-Mai, Robert Fico s’est ainsi attiré les critiques du chancelier allemand Friedrich Merz qui a dit samedi « regretter profondément » sa présence à Moscou. Plusieurs pays européens ont aussi refusé de laisser survoler leur espace aérien à l’avion du Premier ministre slovaque.



