La Cour suprême des Philippines refuse d'entraver l'arrestation de l'ex-chef de la police
La Cour suprême des Philippines a annoncé, mercredi 20 mai, qu'elle ne ferait pas obstacle à l'arrestation de l'ancien chef de la police, le général à la retraite Oscar Albayalde, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour des accusations de crimes contre l'humanité. Cette décision marque un tournant dans l'affaire qui secoue le pays depuis plusieurs mois.
Une décision attendue
Oscar Albayalde, qui a dirigé la police nationale philippine de 2018 à 2019, est accusé d'avoir orchestré des exécutions extrajudiciaires dans le cadre de la guerre contre la drogue menée par l'ancien président Rodrigo Duterte. La CPI avait émis un mandat d'arrêt à son encontre en mars 2025, mais Albayalde avait contesté la compétence de la cour et demandé à la Cour suprême de bloquer son arrestation.
Dans un arrêt rendu public mercredi, la haute juridiction a rejeté sa requête, estimant que la CPI avait compétence pour enquêter sur les faits reprochés. Les juges ont considéré que les Philippines, bien qu'ayant quitté la CPI en 2019, restaient liées par les crimes commis avant leur retrait. Cette décision ouvre la voie à une possible arrestation et extradition d'Albayalde vers La Haye.
Les réactions
L'ancien chef de la police a exprimé sa déception par l'intermédiaire de ses avocats, qui ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation. De son côté, le gouvernement philippin, dirigé par le président Ferdinand Marcos Jr., a pris acte de la décision sans commentaire. Les organisations de défense des droits de l'homme ont salué cette décision, y voyant une avancée pour la justice.
La guerre contre la drogue aux Philippines, lancée par Rodrigo Duterte en 2016, a fait des milliers de morts, principalement parmi les trafiquants présumés et les toxicomanes. Les enquêtes de la CPI se concentrent sur les exécutions extrajudiciaires qui auraient été menées avec la participation de hauts responsables policiers.
Les implications
Cette décision de la Cour suprême pourrait avoir des répercussions importantes pour d'autres anciens responsables philippins visés par la CPI. Elle renforce également la légitimité de la cour internationale dans un contexte où plusieurs pays remettent en cause son autorité. Pour Oscar Albayalde, l'avenir judiciaire s'annonce sombre, mais il conserve la possibilité de faire appel.
L'affaire est suivie de près par la communauté internationale, qui y voit un test de l'engagement des Philippines en faveur de la justice pénale internationale. La CPI, de son côté, a réaffirmé sa détermination à poursuivre les responsables de crimes graves, quel que soit leur rang.



