L'ancien premier ministre pakistanais Imran Khan a été transféré à l'hôpital pour des examens médicaux, sur ordre de la Cour suprême du Pakistan. Cette décision intervient alors que sa détention provisoire, prolongée de huit jours, continue de susciter des tensions dans le pays.
Un transfert ordonné par la plus haute juridiction
Selon les informations rapportées par Le Monde, la Cour suprême a ordonné ce transfert à l'hôpital, répondant ainsi à une demande des avocats de l'ancien chef du gouvernement. Ces derniers avaient saisi la juridiction pour dénoncer les conditions de détention de leur client et réclamer des soins médicaux appropriés.
Imran Khan, âgé de 70 ans, a été placé en détention provisoire dans le cadre de l'affaire connue sous le nom de « cypher », qui porte sur la conservation d'un document diplomatique classifié. Cette affaire a conduit à son arrestation le 5 août dernier, après sa condamnation pour corruption dans une autre affaire.
Une détention prolongée et contestée
Le tribunal de district d'Islamabad avait prolongé la détention provisoire d'Imran Khan de huit jours supplémentaires, jusqu'au 24 août. Cette décision a été immédiatement contestée par ses partisans, qui dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
Depuis son arrestation, des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes du pays. Les forces de l'ordre ont procédé à de nombreuses interpellations, notamment parmi les dirigeants du parti d'Imran Khan, le Mouvement du Pakistan pour la justice (PTI). Selon des sources officielles, plus de 1 000 personnes ont été arrêtées à travers le pays depuis le début des troubles.
Un contexte politique tendu
Cette nouvelle affaire s'ajoute à une série de procédures judiciaires visant l'ancien premier ministre, qui avait été renversé par une motion de censure en avril 2022. Depuis, il mène une campagne virulente contre le gouvernement actuel, dirigé par le premier ministre Shehbaz Sharif.
Le transfert à l'hôpital intervient alors que la Cour suprême doit examiner, le 24 août, la requête déposée par les avocats d'Imran Khan contre les conditions de sa détention. Cette audience pourrait avoir des répercussions sur la stabilité politique du pays, déjà fragilisé par une crise économique et une inflation record.
Les avocats de l'ancien premier ministre ont indiqué qu'ils continueraient à se battre pour sa libération, dénonçant un « procès politique ». De son côté, le gouvernement affirme que la justice agit en toute indépendance et que les procédures suivent leur cours normal.



