Pakistan : frappes aériennes meurtrières à la frontière afghane, Kaboul dénonce des dizaines de civils tués
Pakistan : frappes aériennes meurtrières à la frontière afghane

Pakistan : frappes aériennes meurtrières à la frontière afghane, Kaboul dénonce des dizaines de civils tués

Le Pakistan a annoncé dimanche avoir mené des frappes aériennes ciblées contre des groupes armés à la frontière de l'Afghanistan. Ces bombardements, les plus importants depuis les affrontements meurtriers d'octobre dernier, ont fait des dizaines de morts et de blessés, dont des femmes et des enfants, selon les autorités afghanes.

Des « frappes sélectives » justifiées par Islamabad

Le ministère pakistanais de l'Information a déclaré que l'armée avait visé sept camps et refuges appartenant aux talibans pakistanais (TTP) ainsi qu'à un groupe affilié à l'État islamique (EI). Le gouvernement a justifié cette opération par de récents attentats-suicides, notamment celui du 6 février contre une mosquée chiite d'Islamabad, qui a coûté la vie à 40 personnes.

« La sûreté et la sécurité de nos citoyens demeurent notre priorité absolue », a affirmé Islamabad, accusant les autorités talibanes de ne pas agir contre les militants armés utilisant le territoire afghan comme base arrière, malgré plusieurs avertissements.

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Un lourd bilan humain côté afghan

La réaction de Kaboul ne s'est pas fait attendre. Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement afghan, a dénoncé le bombardement de civils dans les provinces de Nangarhar et de Paktika. « Les généraux pakistanais tentent de compenser les faiblesses sécuritaires de leur pays par ces crimes », a-t-il fustigé. Le ministère de la Défense afghan a d'ores et déjà promis une « réponse appropriée et calculée ».

Sur le terrain, la réalité est dramatique. Dans le district de Bihsud, un journaliste de l'AFP a observé des bulldozers fouillant les décombres. Selon la police locale, une seule habitation a vu 23 membres d'une même famille touchés par les bombes. Amin Gul Amin, un habitant de 37 ans, témoigne de la détresse des secours : « Les gens d'ici sont des gens ordinaires. Certains corps ont été retirés, mais d'autres sont toujours sous les décombres. »

Une escalade sans précédent

Les relations entre les deux voisins, autrefois proches, se sont détériorées depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021. La situation a basculé à la mi-octobre dans un affrontement armé d'une ampleur inédite. Depuis lors, la frontière terrestre est restée quasi fermée, paralysant les échanges commerciaux et la vie des populations locales.

Les chiffres de l'ONU (Unama) témoignent de cette violence croissante : entre octobre et décembre 2025, 70 civils ont été tués et 478 blessés par des actions attribuées aux forces pakistanaises. Le rapport précise que le nombre de victimes civiles enregistrées au cours du dernier trimestre 2025 dépasse de loin les bilans annuels constatés depuis 2011.

Cette escalade militaire intervient dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes, où chaque camp accuse l'autre de soutenir des groupes terroristes. Les conséquences humanitaires sont déjà visibles, avec des familles entières déplacées et des infrastructures civiles détruites. Les observateurs internationaux craignent une aggravation de la situation, alors que les pourparlers de paix semblent au point mort.

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