Pakistan-Afghanistan : Troisième jour de combats après des bombardements à Jalalabad
Les affrontements entre le Pakistan et l'Afghanistan sont entrés, samedi 28 février, dans leur troisième journée consécutive, marquant une escalade significative des tensions entre les deux pays voisins. La situation reste extrêmement tendue, avec des bombardements et des déclarations belliqueuses de part et d'autre.
Explosions à Jalalabad et bombardements pakistanais
Samedi matin, deux puissantes explosions ont retenti à Jalalabad, capitale de la province du Nangarhar, dans l'est de l'Afghanistan, selon un journaliste de l'Agence France-Presse présent sur place. Le journaliste a rapporté avoir entendu un avion à réaction, suivi d'explosions provenant de la zone de l'aéroport de Jalalabad, une ville stratégique située sur la route entre Kaboul et la frontière pakistanaise.
Ces événements font suite aux bombardements menés par le Pakistan vendredi contre plusieurs grandes villes afghanes, dont la capitale Kaboul. Le gouvernement pakistanais a affirmé avoir initié une "guerre ouverte" contre les autorités talibanes qui contrôlent l'Afghanistan. Cette offensive pakistanaise intervient après une attaque afghane lancée jeudi le long de leur frontière commune.
Le ministre de l'information pakistanais, Attaullah Tarar, a réaffirmé samedi matin sur la plateforme X la détermination d'Islamabad à se défendre "en toutes circonstances", soulignant la gravité de la situation.
Contexte historique et tentatives de médiation
Longtemps alliés, le Pakistan et l'Afghanistan s'affrontent sporadiquement depuis que les talibans ont repris le contrôle de Kaboul en août 2021. Des précédents affrontements en octobre avaient déjà fait des dizaines de morts, avant qu'un cessez-le-feu ne soit obtenu grâce à une médiation conjointe de la Turquie, du Qatar et de l'Arabie saoudite.
Face à l'escalade actuelle, le gouvernement afghan a affirmé vendredi vouloir privilégier "le dialogue" pour résoudre le conflit. Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement taliban, a déclaré lors d'une conférence de presse : "Nous avons insisté à maintes reprises sur la nécessité d'une solution pacifique et nous souhaitons toujours que le problème soit résolu par le dialogue."
Plusieurs acteurs internationaux tentent actuellement de jouer un rôle de médiateur :
- Les ministres des affaires étrangères du Pakistan et de l'Arabie saoudite se sont entretenus vendredi pour discuter d'un apaisement, selon les services diplomatiques de Riyad.
- Les États-Unis ont "exprimé [leur] soutien au droit du Pakistan à se défendre contre les attaques des talibans", selon une publication sur X d'Allison Hooker, numéro trois du département d'État.
- La Russie, seul pays à reconnaître officiellement le pouvoir taliban, appelle à un arrêt des hostilités et se dit prête à envisager une médiation si les deux parties le réclament.
- L'Union européenne a appelé les deux parties à la désescalade et à entamer un dialogue constructif.
- Les Nations unies ont pour leur part exigé la fin immédiate des hostilités.
Malgré ces appels répétés à la paix, la situation militaire reste volatile, avec des risques persistants de nouvelles escalades dans cette région déjà instable.



