Échec retentissant des pourparlers américano-iraniens au Pakistan
Le vice-président américain JD Vance a annoncé dimanche l'échec des négociations directes avec l'Iran à Islamabad, au terme de 21 heures de discussions marathon. La délégation américaine quitte le Pakistan sans avoir obtenu d'accord, laissant planer l'incertitude sur le fragile cessez-le-feu en vigueur depuis deux semaines et sur la réouverture du détroit d'Ormuz.
Des divergences irréconciliables sur le nucléaire
Le point de rupture principal concerne le programme nucléaire iranien. Washington exigeait l'abandon définitif de tout projet d'armement nucléaire, une condition que Téhéran a catégoriquement refusée. JD Vance a déclaré que "l'Iran avait choisi de ne pas accepter les conditions américaines", ajoutant que cet échec constituait "une mauvaise nouvelle bien plus pour l'Iran que pour les États-Unis".
Ces discussions représentaient pourtant un moment historique : il s'agissait des premiers pourparlers directs de haut niveau entre les deux pays depuis la révolution islamique de 1979, et des premières négociations bilatérales depuis l'accord multilatéral de 2015 sur le nucléaire iranien.
Le détroit d'Ormuz au cœur des tensions
L'autre point de blocage majeur concerne le détroit d'Ormuz, carrefour maritime stratégique par lequel transite 20% des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Fermé de facto par l'Iran depuis le 28 février suite aux frappes israélo-américaines, sa réouverture était une priorité américaine.
L'armée américaine a d'ailleurs débuté samedi des opérations préparatoires au déminage de la zone, avec le passage de deux navires de guerre, l'USS Frank Peterson et l'USS Michael Murphy. Téhéran exige pour sa part le contrôle total du détroit et l'instauration d'un droit de péage, en plus de réparations de guerre substantielles.
Des positions diamétralement opposées
Les délégations étaient pourtant de haut niveau :
- Côté américain : le vice-président JD Vance, Jared Kushner et Steve Witkoff
- Côté iranien : le président du parlement Mohammad Baqer Qalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi
Une source pakistanaise ayant assisté aux discussions a fait état d'un "ton changeant" entre les parties dès la première session. Les divergences étaient telles que même la question des avoirs iraniens gelés - que certaines sources présentaient comme un point d'accord potentiel - a fait l'objet de démentis contradictoires.
Des échanges qui se poursuivent malgré tout
Malgré cet échec apparent, le gouvernement iranien a affirmé sur le réseau social X que les échanges d'experts se poursuivraient. "Les négociations se poursuivront malgré certaines différences qui subsistent", précisait le message, sans toutefois indiquer de date pour une reprise des discussions de haut niveau.
JD Vance a pour sa part indiqué avoir consulté à plusieurs reprises le président Donald Trump durant les pourparlers, soulignant que les États-Unis avaient "clairement indiqué quelles étaient nos limites". La délégation américaine rentre donc aux États-Unis sans accord, laissant la situation au Moyen-Orient dans une impasse dangereuse.



