Le contexte international complique les pourparlers de paix selon Zelensky
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé mercredi ses préoccupations concernant le ralentissement des négociations de paix dans le conflit qui oppose son pays à la Russie. Dans son allocution du soir, le chef de l'État a souligné que le travail diplomatique trilatéral impliquant l'Ukraine, les États-Unis et la Russie ne pourrait reprendre que lorsque la situation sécuritaire et le contexte politique général le permettraient.
Des contacts diplomatiques intensifiés avec le Golfe
Malgré ces difficultés, Zelensky a multiplié les contacts avec les dirigeants de la région du Golfe. « Hier, je me suis entretenu avec les dirigeants des Émirats arabes unis et du Qatar. Aujourd'hui, j'ai discuté avec les dirigeants de la Jordanie et de Bahreïn », a-t-il déclaré sur la plateforme X. Des discussions sont également prévues avec le Koweït et d'autres pays de la région.
Le président ukrainien a profité de ces échanges pour proposer à nouveau sa gamme d'intercepteurs bon marché et efficaces, considérés parmi les plus avancés au monde, pour détruire en vol les drones Shahed de conception iranienne. « L'Ukraine peut contribuer à protéger des vies et à stabiliser la situation. Nos partenaires nous contactent », a-t-il assuré.
Accusations mutuelles et tensions diplomatiques
Parallèlement à ces développements diplomatiques, les accusations continuent de fuser entre les deux camps. La Russie a accusé l'Ukraine d'avoir attaqué un méthanier russe avec des drones navals lancés des côtes libyennes. Le navire, chargé et en route depuis le port russe de Mourmansk, a coulé en Méditerranée entre la Libye et Malte. L'équipage de 30 membres est sain et sauf.
Vladimir Poutine a qualifié cet incident d'« attaque terroriste » qui, selon lui, aggrave la situation sur les marchés mondiaux de l'énergie. « Le régime de Kiev mord, en fait, la main dans laquelle il mange, à savoir la main de l'Union européenne », a déclaré le président russe.
Libération de prisonniers et tensions avec la Hongrie
Dans un autre développement, Vladimir Poutine a ordonné la libération de deux prisonniers de guerre ukraino-hongrois alors que le ministre hongrois des affaires étrangères, Péter Szijjarto, était en visite à Moscou. Cette décision intervient dans un contexte de tensions entre Kiev et Budapest concernant la minorité magyarophone dans l'oblast ukrainien de Transcarpatie.
L'Ukraine a réagi vivement à cette libération, accusant Budapest et Moscou de « manipulation cynique ». La diplomatie ukrainienne a dénoncé dans un communiqué l'utilisation de la question des prisonniers « à des fins de relations publiques politiques avant les élections en Hongrie et comme monnaie d'échange dans les relations avec le Kremlin ».
Situation humanitaire et militaire préoccupante
Sur le terrain, la situation reste extrêmement difficile pour la population civile. Les autorités ukrainiennes ont rapporté plusieurs décès suite à des attaques russes dans les oblasts de Kherson, Kharkiv, Donetsk et Soumy. Une femme de 49 ans a été tuée par une attaque de drone russe alors qu'elle circulait à vélo dans la ville de Bilozerka, dans l'oblast de Kherson.
Les infrastructures énergétiques continuent d'être ciblées, privant d'électricité des habitants des oblasts de Dnipropetrovsk, Mykolaïv, Kharkiv, Soumy et Kherson. Le gestionnaire national du réseau Ukrenergo a indiqué que ces coupures se produisaient « en raison des dommages causés » alors que « l'ennemi continue de mener des attaques contre l'infrastructure énergétique ».
Sur le front militaire, l'état-major de l'armée ukrainienne a rapporté 144 combats contre les forces russes la veille, avec des zones particulièrement touchées comme Pokrovsk et Houliaïpole. L'armée ukrainienne affirme que les forces russes accumulent des ressources en prévision d'une offensive au printemps dans la région de Pokrovsk.
Négociations énergétiques et tensions européennes
La visite du ministre hongrois à Moscou a également porté sur les questions énergétiques. Péter Szijjarto a demandé à la Russie de maintenir les prix du gaz et du pétrole malgré la hausse des cours constatée depuis le début des frappes en Iran. « Je suis ici pour obtenir des garanties que la Russie continuera de livrer à la Hongrie les quantités nécessaires à des prix inchangés », a déclaré le ministre.
Ces discussions interviennent alors que la Hongrie bloque l'adoption d'un nouveau paquet de sanctions européennes contre la Russie et le versement d'un prêt à l'Ukraine, exigeant d'abord la reprise des livraisons via l'oléoduc Droujba. L'Ukraine dément bloquer délibérément cet oléoduc, endommagé par une frappe russe en janvier.
Alors que le conflit entre dans une nouvelle phase, les perspectives de négociations de paix semblent s'éloigner, compliquées par un contexte international de plus en plus complexe et des tensions diplomatiques multiples qui dépassent le cadre strict du conflit ukraino-russe.



