À Naplouse, en Cisjordanie occupée, la société palestinienne connaît un déclassement inexorable. Selon un rapport de la Banque mondiale, le taux de chômage dans la ville a dépassé 50 % en 2025, contre 30 % cinq ans plus tôt. La pauvreté touche désormais près de 70 % des habitants, un chiffre en hausse constante depuis le début de l'intensification du conflit.
Une économie locale asphyxiée
L'économie de Naplouse, autrefois florissante grâce à son commerce et son artisanat, est aujourd'hui asphyxiée par les restrictions de mouvement imposées par l'armée israélienne. Les points de contrôle et les barrages routiers entravent l'accès aux marchés et aux matières premières. "Nous avons tout sacrifié. Mon atelier de tissage, qui employait dix ouvriers, a fermé il y a deux ans. Aujourd'hui, je vends des légumes au marché pour survivre", témoigne Abou Mohammed, 54 ans, ancien artisan.
Un système de santé sous pression
Le système de santé local est également sous pression. L'hôpital public de Naplouse manque de médicaments et d'équipements de base. Les coupures d'électricité fréquentes compliquent les soins. "Nous devons prioriser les urgences vitales. Les patients chroniques sont souvent négligés", explique le Dr. Samira Khalil, médecin urgentiste. Selon l'OMS, le nombre de décès évitables a augmenté de 20 % dans la région.
L'éducation en crise
L'éducation subit aussi les conséquences du conflit. Les écoles sont régulièrement fermées en raison des opérations militaires. Le taux d'abandon scolaire a grimpé à 40 % chez les adolescents, selon l'UNRWA. "Mes enfants ne peuvent plus aller à l'école. Ils passent leurs journées à la maison, sans perspective", confie Oum Youssef, mère de trois enfants.
Un avenir incertain pour la jeunesse
La jeunesse de Naplouse est particulièrement touchée. Avec peu d'emplois et un avenir incertain, beaucoup envisagent de quitter la région. "Je suis ingénieur, mais je n'ai pas trouvé de travail en deux ans. Je pense partir en Europe", déclare Ahmad, 28 ans. Cependant, les possibilités d'émigration sont limitées par les restrictions de visa et le manque de ressources.
La communauté internationale impuissante
Malgré les appels à l'aide, la communauté internationale semble impuissante face à cette crise. Les financements humanitaires sont insuffisants et les initiatives de paix bloquées. "Nous assistons à un effondrement silencieux de la société palestinienne. Sans intervention urgente, la situation deviendra irréversible", avertit un responsable de l'ONU sous couvert d'anonymat.



