Moscou refuse de prolonger la trêve de Pâques en Ukraine sans concessions
Le répit sur le front ukrainien s'avère être de très courte durée. Le Kremlin a catégoriquement refusé de prolonger la trêve de Pâques, en vigueur jusqu'à ce dimanche soir, tant que le gouvernement de Kiev n'acceptera pas les conditions nécessaires pour garantir les intérêts stratégiques et les objectifs militaires de Moscou. Dans une interview diffusée ce dimanche à la télévision publique russe, Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence, a déclaré avec fermeté : « Tant que Volodymyr Zelensky n'a pas le courage d'assumer cette responsabilité, l'opération militaire spéciale se poursuivra après l'expiration du cessez-le-feu. »
Des positions diamétralement opposées
La veille, dans son allocution quotidienne, le président ukrainien avait pourtant estimé qu'il serait « correct » de prolonger cette trêve, précisant avoir officiellement transmis cette proposition diplomatique à Moscou. Cette cessation des hostilités, entrée en vigueur samedi à 16 heures locales, devait initialement durer trente-deux heures, jusqu'à dimanche en fin de journée. Cependant, les exigences russes rendent toute prolongation improbable.
Le pouvoir russe exige du gouvernement ukrainien des concessions politiques et territoriales substantielles, notamment un retrait complet des forces ukrainiennes de la région de Donetsk, partiellement contrôlée par Moscou. Kiev rejette fermement ces demandes, les qualifiant de capitulation inacceptable. De son côté, l'Ukraine réclame depuis longtemps un cessez-le-feu prolongé pour faciliter des négociations sérieuses, mais Moscou s'y oppose, arguant qu'une pause plus longue permettrait à l'armée ukrainienne de se renforcer significativement.
Des violations massives du cessez-le-feu
Comme lors d'une trêve similaire l'année dernière, le calme sur le front, qui s'étend sur près de 1 200 kilomètres, reste très relatif. Dès ce dimanche, l'Ukraine et la Russie se sont mutuellement accusées d'avoir violé à des centaines de reprises la trêve de Pâques. L'état-major ukrainien a affirmé avoir recensé pas moins de 2 299 violations par les forces russes, tandis que le ministère russe de la Défense a rétorqué en accusant les forces ukrainiennes d'avoir commis 1 971 violations de cette cessation des hostilités.
Les deux armées se reprochent réciproquement des centaines de frappes d'artillerie, des attaques de drones et plusieurs assauts de troupes. Malgré cette escalade verbale, l'état-major ukrainien a néanmoins souligné une baisse relative des activités militaires, notant l'absence d'attaques russes de drones longue distance de type Shahed, de bombes aériennes guidées ou de missiles, qui sont habituellement quasi quotidiennes sur le territoire ukrainien.
Cette situation illustre la profonde fracture diplomatique entre les deux camps et laisse présager une reprise immédiate des combats intenses dès l'expiration de la trêve, plongeant à nouveau la région dans un cycle de violence et d'instabilité.



