Mort d'El Mencho : le chef du cartel CJNG tué, violences et héritage criminel
Mort d'El Mencho, chef du cartel CJNG, violences au Mexique

La mort d'El Mencho déclenche une vague de violences au Mexique

Dimanche, Nemesio Oseguera Cervantes, surnommé « El Mencho », âgé de 59 ans, a été tué lors d'une opération militaire mexicaine menée avec le soutien des États-Unis. Sa disparition a immédiatement provoqué une vague de violences dans le pays, rappelant l'emprise des cartels sur la société mexicaine.

Le dernier des grands parrains éliminé

Considéré comme le dernier des grands parrains du Mexique depuis l'arrestation et l'incarcération aux États-Unis des fondateurs du cartel de Sinaloa, Joaquin « El Chapo » Guzman et Ismael « Mayo » Zambada, El Mencho était le fondateur du cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG). Selon le quotidien mexicain La Jornada, cette organisation est « la troisième organisation criminelle la plus dangereuse du monde », derrière la mafia russe et les triades chinoises.

Des origines modestes à la criminalité transnationale

Né en 1966 dans une famille pauvre du Michoacan, une région où les cultures illégales de cannabis étaient répandues, El Mencho a d'abord travaillé dans les champs d'avocats après avoir abandonné l'école. Il a ensuite immigré aux États-Unis, en Californie, où il a été condamné pour trafic d'héroïne après avoir tenté de vendre de la drogue à un policier sous couverture. Expulsé après avoir purgé sa peine, il est retourné au Michoacan et a rejoint le cartel del Milenio, avant d'être éjecté suite à des luttes internes.

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En 2009, il a fondé les « Mata Zetas » dans l'État voisin du Jalisco, rapidement rebaptisé Cartel Jalisco Nueva Generacion. Prenant le dessus sur de nombreux gangs rivaux, le CJNG s'est renforcé à grande vitesse, devenant le cartel le plus puissant du pays après l'extradition aux États-Unis d'El Chapo et de Mayo.

Une organisation terroriste et ultraviolente

Le CJNG est connu pour son ultraviolence. En 2011, le gang a laissé 35 cadavres près du lieu d'une réunion de procureurs dans le Veracruz. En mars 2025, un collectif citoyen a découvert des fours crématoires clandestins dans un ranch abandonné avec des restes humains calcinés. Depuis 2006, les violences liées aux cartels au Mexique ont fait plus de 450 000 morts et plus de 100 000 disparus.

En 2025, le département d'État américain a déclaré le CJNG organisation terroriste, soulignant son caractère « transnational avec une présence dans quasiment tout le Mexique ». Washington l'accuse de trafic de drogues, d'armes, d'extorsions, de traite de migrants, de vols de pétrole et de minerais, et avait mis une prime de 15 millions de dollars sur la tête d'El Mencho.

Opposition frontale aux autorités

El Mencho, décrit comme « violent de nature » par le spécialiste du narcotrafic José Reveles, s'en prenait directement aux autorités. Le 20 juin 2020, il a lancé une attaque sans précédent contre Omar García Harfuch, alors chef de la police de la capitale, blessant celui-ci et causant la mort de trois personnes, dont deux gardes du corps.

Cinq ans plus tôt, son cartel avait tiré sur la Gendarmerie nationale du Jalisco, tendu un guet-apens à un convoi de policiers, abattu un hélicoptère militaire au lance-roquettes, et provoqué barrages et incendies, faisant des dizaines de morts, dont 20 policiers et neuf militaires.

Un homme discret malgré sa notoriété

Même s'il est apparu en 2025 lors de deux concerts de « narcocorridos », des groupes chantant la gloire des trafiquants, El Mencho « faisait très attention à ne pas s'exposer publiquement, on sait peu de choses sur sa vie », observe José Reveles. El Pais le décrit comme un « type froid, calculateur et surtout discret, loin du luxe et de l'ostentation ».

Les images de lui sont rares. Sur l'avis de recherche du département d'État américain, il apparaît avec le visage anguleux, les cheveux impeccablement peignés et une fine moustache, tandis que sur une fiche de la DEA de 1989, on le voit avec les cheveux frisés et des traits plus grossiers.

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Héritage familial criminel

Divorcé, Oseguera avait trois enfants : un fils, « El Menchito », condamné à perpétuité aux États-Unis, et deux filles. Son ex-épouse, Rosalinda González Valencia, surnommée « La Jefa », est aussi l'héritière d'un clan criminel. Son oncle, Armando Valencia Cornelio, était le fondateur du cartel Milenio, illustrant les liens familiaux profonds dans le narcotrafic mexicain.

La mort d'El Mencho marque un tournant, mais laisse en suspens la question de la succession et de la poursuite des activités criminelles du CJNG, une organisation qui a étendu son influence bien au-delà du Mexique, vers l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Australie, selon les experts.