Mexique : la fin d'un baron de la drogue
Un membre du parquet monte la garde près d'un bus incendié par des groupes criminels organisés, à Zapopan dans l'État de Jalisco au Mexique, le 22 février 2026. Cette image illustre les violentes tactiques employées par les cartels pour entraver les opérations des forces de l'ordre.
L'annonce de la mort d'El Mencho
Nemesio Oseguera Cervantes, plus connu sous le pseudonyme d'El Mencho, le baron de la drogue mexicain et chef du Cartel de Jalisco Nueva Generacion (CJNG), a été tué lors d'une opération militaire. Un responsable de l'armée mexicaine, ayant requis l'anonymat, a confirmé cette information à l'agence Associated Press (AP) dimanche 22 décembre. Plusieurs médias mexicains ont par la suite corroboré cette annonce.
L'opération s'est déroulée dans l'État de Jalisco, dans l'ouest du Mexique. Elle a fait suite à plusieurs heures de barrages routiers avec des véhicules en feu, une tactique couramment utilisée par les cartels pour bloquer les interventions militaires, non seulement dans le Jalisco mais aussi dans d'autres États du pays.
L'ascension criminelle d'El Mencho
Né en 1966 dans l'État de Michoacán, au centre du Mexique, Nemesio Oseguera Cervantes a grandi dans une famille pauvre de cultivateurs d'avocats. Il a très tôt commencé à graviter dans les milieux de la criminalité organisée. Après avoir vécu plusieurs années aux États-Unis, où il a été arrêté pour trafic de drogue puis expulsé, il est retourné au Mexique et a intégré le cartel de Milenio.
À la suite de divisions internes et de l'arrestation de plusieurs de ses chefs, il a pris le contrôle d'une faction dissidente avec d'autres membres. Entre la fin des années 2000 et le début des années 2010, il a progressivement fondé le Cartel de Jalisco Nueva Generacion (CJNG). Son ascension rapide a été marquée par une violence systématique, des alliances opportunistes et une stratégie militaire agressive contre les cartels rivaux.
Le CJNG, une organisation paramilitaire
Sous la direction d'El Mencho, le CJNG est rapidement devenu l'un des groupes criminels les plus puissants du Mexique. Organisé de manière quasi paramilitaire, il s'est implanté dans de nombreux États et s'est disputé le contrôle des routes du trafic de drogues synthétiques, notamment la métamphétamine et le fentanyl. Le cartel s'est également livré à d'autres activités illicites, comme l'extorsion ou le vol de carburant.
Cette expansion s'est accompagnée d'une corruption à grande échelle des institutions locales, incluant la police, les élus et les magistrats. Une série d'opérations brutales contre ses adversaires a renforcé sa réputation et attiré l'attention des autorités mexicaines et américaines.
Une notoriété internationale et des primes record
La notoriété d'El Mencho a rapidement dépassé les frontières nationales. Les États-Unis et le Mexique l'ont placé sur leurs listes des fugitifs les plus recherchés, offrant des primes importantes pour toute information menant à sa capture. Les autorités américaines ont notamment offert jusqu'à 15 millions de dollars (soit environ 12,7 millions d'euros), un record pour un narcotrafiquant mexicain.
En février, l'administration Trump avait désigné le CJNG comme une organisation terroriste étrangère, soulignant la menace que représentait ce cartel à l'échelle internationale. La mort d'El Mencho marque donc un tournant significatif dans la lutte contre le narcotrafic au Mexique, même si les défis restent immenses face à la puissance et à la violence de ces organisations criminelles.



