Alors que la situation sécuritaire au Mali se dégrade, la question se pose : le pays peut-il tomber aux mains des djihadistes ? Depuis le retrait des forces françaises en 2022, les groupes armés liés à Al-Qaïda et à l'État islamique ont étendu leur influence, notamment dans le centre et le nord du pays. Les autorités maliennes, soutenues par la junte militaire, peinent à endiguer la menace, malgré l'appui de mercenaires russes de Wagner.
Une progression inquiétante
Les djihadistes ont multiplié les attaques ces derniers mois, ciblant aussi bien l'armée que les civils. En mars 2025, un assaut meurtrier contre un camp militaire près de Gao a fait des dizaines de morts. Les groupes armés contrôlent désormais de vastes zones rurales, imposant leur loi et perturbant les approvisionnements. La ville de Tombouctou est régulièrement assiégée, et les convois humanitaires peinent à circuler.
Les faiblesses de l'État malien
L'État malien est fragilisé par une crise politique chronique et une économie exsangue. Le gouvernement de transition, dirigé par le colonel Assimi Goïta, a rompu les accords de défense avec la France et s'est tourné vers d'autres partenaires, mais les résultats sur le terrain sont mitigés. Les forces armées maliennes, mal équipées et parfois corrompues, ne parviennent pas à protéger efficacement les populations.
Le rôle des groupes djihadistes
Deux principales nébuleuses djihadistes opèrent au Mali : le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, et l'État islamique au Grand Sahara (EIGS). Le GSIM, dirigé par Iyad Ag Ghaly, est particulièrement actif dans le centre, tandis que l'EIGS sévit dans le nord. Ces groupes exploitent les tensions ethniques et la pauvreté pour recruter de nouveaux combattants.
Les conséquences régionales
Une chute du Mali aux mains des djihadistes aurait des répercussions désastreuses pour toute la région du Sahel. Le Burkina Faso et le Niger, déjà fragilisés, pourraient voir la menace s'étendre. Les pays côtiers comme la Côte d'Ivoire et le Bénin seraient également menacés. La communauté internationale, bien que préoccupée, semble impuissante face à la complexité de la situation.
Quelles solutions ?
Pour éviter le pire, plusieurs pistes sont évoquées : renforcer les capacités de l'armée malienne, relancer le dialogue politique avec les groupes armés non djihadistes, et améliorer les conditions de vie des populations. Mais le temps presse, et l'issue reste incertaine. Le Mali, autrefois considéré comme un exemple de démocratie en Afrique, pourrait devenir un sanctuaire pour le terrorisme international.



