Le pape Léon XIV s'est exprimé ce dimanche à Lourdes, au troisième jour de sa visite en France, sur la fin de vie. Devant des pèlerins malades et en situation de handicap, il a affirmé : « Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort ». Il a insisté avec fermeté, deux mois après l'adoption en France d'une loi instaurant un droit à l'aide à mourir, que « ce qui est légal n'est pas nécessairement moral ».
Une dignité inaliénable rappelée aux malades
« Aucune loi humaine ne doit vous faire perdre la certitude de votre dignité », a-t-il lancé, sous des applaudissements nourris. Il a ajouté que « c'est au nom de cette dignité inaliénable de la personne humaine que la tentation de donner la mort sous couvert de fausse compassion doit être fermement rejetée ». Le souverain pontife a également dénoncé la « mort programmée ».
Cette prise de position intervient après l'entérinement, le 15 juillet, par le Parlement français, du droit à « l'aide à mourir », réforme sociétale majeure de la présidence d'Emmanuel Macron. L'Église de France a exprimé son désarroi face à cette mesure, qu'elle considère comme une « rupture anthropologique ».
« Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée »
Le pape a martelé que « jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée », lors de cette visite placée sous la devise « pour que le monde ait la vie ». Il a plaidé pour développer « sans relâche » les soins palliatifs et la recherche médicale, et pour « accompagner avec tendresse les malades ».
« Chers frères et sœurs malades, je tiens à vous dire : vous n'êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l'Église », a insisté le pape. Après son discours, il a longuement salué et béni les fidèles venus l'accueillir, au premier rang desquels des pèlerins en fauteuil roulant.
Un sanctuaire de l'espérance chrétienne
Quelques heures plus tôt, lors d'une messe en plein air devant 150 000 personnes, Léon XIV avait fustigé les « courants actuels qui cherchent à redéfinir la valeur de la vie humaine devant la maladie, la souffrance ou la vieillesse ». Il avait érigé la Grotte, au cœur du site catholique, comme « un sanctuaire de l'espérance chrétienne ».
Le pape américain avait déjà condamné « l'offre d'une mort programmée » dans son premier discours à l'Élysée vendredi. Il a déploré dimanche que « certaines sociétés tendent à détourner leurs regards et à fermer les yeux sur la dignité de la vie humaine ». Cette déclaration confirme la position ferme du Vatican face à l'évolution législative française en matière de fin de vie.