Liban : Le Hezbollah plonge le pays dans la guerre après l'élimination d'Ali Khamenei
Liban en guerre après l'élimination d'Ali Khamenei

L'engrenage mortifère s'emballe à nouveau au Levant

Plus d'une semaine après l'élimination d'Ali Khamenei lors du premier jour des opérations "Fureur Épique" et "Rugissement du Lion", le Hezbollah a précipité le Liban dans un conflit ouvert. En lançant une attaque contre l'État hébreu, la milice chiite soutenue par l'Iran a provoqué des représailles israéliennes d'une ampleur exceptionnelle, concentrées principalement dans le sud du pays.

Un bilan humain catastrophique

Les conséquences sont dramatiques : selon les derniers chiffres officiels, le conflit a déjà fait 486 morts et 1 313 blessés, d'après l'Organisation mondiale de la santé. Le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies rapporte quant à lui que plus de 667 000 personnes ont été déplacées, créant une crise humanitaire majeure.

La difficile médiation française

Depuis plusieurs jours, le président français Emmanuel Macron multiplie les initiatives diplomatiques pour tenter d'arrêter les hostilités. Après des entretiens avec Benyamin Netanyahou et Donald Trump, le chef de l'État se heurte cependant au refus catégorique du Premier ministre israélien. L'objectif de la France est clair : recréer les conditions du cessez-le-feu qui avait été entériné en novembre 2024 entre le Hezbollah et Israël.

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Michel Duclos, ancien ambassadeur et conseiller spécial à l'Institut Montaigne, analyse la situation : "La France est pratiquement le seul pays à s'inquiéter du sort des Libanais qui avaient des attentes élevées envers Emmanuel Macron." Il nuance toutefois immédiatement : "La France ne peut pas jouer les deus ex machina au Liban, dans un contexte d'embrasement régional où les grandes puissances militaires sont déjà à l'œuvre."

Une impasse diplomatique

Dans un entretien accordé à L'Express, Michel Duclos répond à la question cruciale : la France est-elle hors-jeu dans ce conflit ? "Dire que la France est totalement inaudible serait excessif," estime-t-il. "Elle ne l'est pas pour le peuple libanais, au moment où peu de pays se préoccupent réellement de leur situation. La France demeure pratiquement le seul pays à le faire."

Le diplomate souligne cependant l'extrême difficulté de la tâche : "Il est toutefois extrêmement difficile d'infléchir la position de deux acteurs - le Hezbollah et Israël - qui semblent tous deux emportés par la volonté, ou l'illusion, d'en finir par le recours à la force."

Michel Duclos rappelle que dans la phase la plus récente, c'est le Hezbollah qui a pris l'initiative d'attaquer Israël. Mais il précise également que dans les semaines précédentes, Israël avait à plusieurs reprises frappé le Liban malgré la trêve conclue en 2024 avec la milice chiite. L'objectif d'Emmanuel Macron reste donc précisément de revenir à cette forme de cessez-le-feu, compte tenu des destructions considérables subies par le Liban et de la souffrance de sa population civile.

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