Liban : près de 200 morts dans des frappes israéliennes malgré le cessez-le-feu irano-américain
Liban : 200 morts dans des frappes israéliennes, cessez-le-feu fragilisé

Une journée d'horreur au Liban malgré la trêve irano-américaine

Alors qu'un cessez-le-feu temporaire entre l'Iran et les États-Unis venait d'être décrété in extremis, Israël a lancé mercredi 9 avril 2026 sa plus vaste opération militaire contre le Hezbollah depuis le début du conflit le 28 février. Les bombardements massifs dans la banlieue de Beyrouth ont provoqué une véritable hécatombe, avec 182 morts et 890 blessés selon le ministère libanais de la Santé.

Des frappes coordonnées sur des zones résidentielles

L'armée israélienne a présenté cette opération comme sa « plus grande frappe coordonnée » contre le mouvement pro-iranien, affirmant avoir ciblé « des centaines » de membres du Hezbollah, dont un commandant. Les attaques ont frappé sans avertissement plusieurs quartiers au cœur de la capitale libanaise, notamment le secteur de Tallet al-Khayyat, provoquant des scènes de panique parmi la population civile.

Le bilan humain est particulièrement lourd : depuis l'entrée en guerre du Hezbollah contre Israël, 1 739 personnes ont été tuées et 5 873 blessées sur le territoire libanais. Face à cette tragédie, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a décrété une journée de deuil national pour le jeudi 10 avril.

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Riposte du Hezbollah et réactions internationales

En réaction à ce qu'il qualifie de « violation du cessez-le-feu », le Hezbollah a affirmé avoir lancé jeudi un barrage de roquettes sur la zone israélienne de Manara, de l'autre côté de la frontière. Le mouvement libanais a précisé dans un communiqué avoir « respecté le cessez-le-feu alors que l'ennemi ne l'a pas fait », rompant ainsi son silence depuis l'annonce de la trêve de deux semaines entre Washington et Téhéran.

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont également menacé de répliquer après ce qu'ils ont qualifié de « massacre brutal » à Beyrouth. Pour l'Iran, le cessez-le-feu au Liban constitue l'une des « conditions essentielles » de l'accord avec les États-Unis, comme l'a rappelé le président Massoud Pezeshkian.

Un cessez-le-feu fragilisé et des condamnations unanimes

Les frappes israéliennes ont suscité une vague de condamnations internationales. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a estimé que ces attaques faisaient peser un « grave danger sur le cessez-le-feu et les efforts menés en faveur d'une paix durable et générale dans la région ». Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme Volker Türk a quant à lui jugé l'ampleur des tueries « épouvantable » et appelé la communauté internationale à mettre fin au « cauchemar ».

Emmanuel Macron a insisté auprès de ses homologues américain et iranien sur la nécessité d'étendre au Liban le cessez-le-feu conclu avec l'Iran, condition selon lui pour qu'il soit « crédible et durable ». Le président français a ensuite condamné « très fermement ces frappes » sur le réseau social X, exprimant la solidarité de la France avec le Liban.

Le quotidien francophone L'Orient - Le Jour résume amèrement la situation dans son édition du 9 avril : « Les autres signent... et le Liban saigne ». Cette tragique journée rappelle cruellement que, malgré les déclarations diplomatiques, la population libanaise continue de payer le prix fort d'un conflit régional dont elle semble être l'otage.

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