Kosovo : une transition présidentielle dans un contexte de crise politique aiguë
Ce samedi, le Kosovo a connu un changement à sa tête, avec l'entrée en fonction d'Albulena Haxhiu en tant que présidente par intérim. Cette décision survient dans un climat de crise politique profonde, marquée par l'incapacité des députés à élire un successeur à Vjosa Osmani, la cheffe de l'État sortante.
Un parlement divisé bloque l'élection présidentielle
Bien que le parti du Premier ministre Albin Kurti, Vetevendosje (VV, social-démocrate), ait remporté deux élections générales récentes, il n'a pas réussi, en mars, à obtenir le soutien nécessaire au parlement pour son candidat à la présidence. Les divisions au sein de l'Assemblée, composée de 120 députés, ont empêché l'atteinte de la majorité des deux tiers requise pour l'élection du président, dont le mandat est de cinq ans.
Albulena Haxhiu, désormais présidente par intérim, a exprimé sa conviction que « l'Assemblée élira un nouveau président dès que possible ». Cet intérim pourrait théoriquement durer jusqu'à six mois, mais la Cour constitutionnelle a fixé une date limite impérative au 28 avril pour l'élection d'un nouveau chef de l'État.
Une impasse politique prolongée et ses conséquences
Le Kosovo traverse une impasse politique depuis les élections législatives de février 2025. L'impossibilité de former un gouvernement stable a conduit à des législatives anticipées le 28 décembre de la même année, créant une instabilité institutionnelle. Face à cette situation, Vjosa Osmani avait tenté de dissoudre le parlement début mars, annonçant de nouvelles élections législatives qui auraient été les troisièmes en un peu plus d'un an.
Cependant, la Cour constitutionnelle, saisie par Albin Kurti et son parti, a rejeté ce décret, obligeant les députés à trouver un accord pour élire un président avant le 28 avril. En cas d'échec, des élections législatives anticipées devront être organisées dans les 45 jours suivant cette date, prolongeant ainsi l'incertitude politique.
Une transition marquée par un symbole féminin
En confiant l'intérim à Albulena Haxhiu, Vjosa Osmani a souligné son souhait de voir une femme lui succéder, déclarant : « Et ce vœu est réalisé aujourd'hui ». Cette transition, bien que temporaire, représente un moment symbolique dans le paysage politique kosovar, tout en mettant en lumière les défis persistants de gouvernance.
Le pays des Balkans reste ainsi dans une situation fragile, où la coopération entre les forces politiques sera cruciale pour éviter de nouvelles élections et restaurer une stabilité institutionnelle durable.



