Kazakhstan : Des manifestants risquent 10 ans de prison après avoir brûlé un portrait de Xi Jinping
Kazakhstan : 10 ans de prison pour brûler un portrait de Xi Jinping

Un procès sous haute tension au Kazakhstan

Le 13 novembre 2025, une manifestation pacifique de 19 personnes près d'un poste-frontière entre le sud-est du Kazakhstan et la Chine a pris une tournure dramatique. Les protestataires s'étaient rassemblés pour dénoncer l'arrestation, quatre mois plus tôt, d'un chauffeur routier kazakh lors d'un voyage d'affaires vers la région voisine du Xinjiang. Mais en brûlant un portrait du président chinois Xi Jinping et trois drapeaux chinois, ils ont déclenché une réaction violente de Pékin.

De simples troubles à l'ordre public à une accusation grave

Initialement, les manifestants ont été interpellés par la police kazakhe pour troubles à l'ordre public, une qualification courante dans ce pays autoritaire pour réprimer les rassemblements non autorisés. Cette infraction est généralement passible d'amendes et de quinze jours de détention. Cependant, l'affaire a basculé le 14 novembre 2025, lorsqu'une note diplomatique du consulat chinois a été envoyée au ministère kazakh des affaires étrangères.

Cette note, obtenue par le média Radio Azattyq, antenne locale de Radio Free Europe, exhortait à une enquête approfondie et a précipité l'ouverture d'une affaire pénale. Désormais, les 19 manifestants sont accusés d'incitation à la haine raciale, un crime bien plus grave qui pourrait leur valoir jusqu'à dix ans de prison.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un procès influencé par Pékin

Le procès, qui se déroule au tribunal régional de Taldykorgan et doit durer jusqu'à fin février, a été engagé sous l'impulsion directe de Pékin. Cette affaire illustre clairement la montée de l'influence chinoise sur son voisin d'Asie centrale. La manifestation visait non seulement à protester contre l'arrestation du chauffeur, mais aussi à dénoncer l'emprise grandissante de la Chine au Kazakhstan.

Les autorités kazakhes, traditionnellement répressives envers les rassemblements non autorisés, ont cette fois-ci cédé aux pressions diplomatiques chinoises. Cette situation met en lumière les tensions croissantes dans la région, où la Chine étend son pouvoir économique et politique.

Un contexte géopolitique tendu

La photo diffusée par le service de presse présidentiel du Kazakhstan, montrant le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev serrant la main du président chinois Xi Jinping lors du sommet Chine-Asie centrale à Astana le 17 juin 2025, symbolise les relations officielles entre les deux pays. Cependant, cette image contraste fortement avec la réalité sur le terrain, où les citoyens kazakhs expriment leur mécontentement face à l'influence chinoise.

Les manifestants, en brûlant le portrait de Xi Jinping, ont touché un point sensible pour Pékin, qui ne tolère aucune critique de son leadership. La réponse chinoise, via sa note diplomatique, démontre sa volonté de contrôler les narratifs et les actions dans les pays voisins, même lorsqu'il s'agit d'affaires internes.

Ce procès pourrait établir un précédent dangereux pour la liberté d'expression au Kazakhstan et dans toute l'Asie centrale, où la Chine cherche à consolider sa position. Les observateurs internationaux suivent de près cette affaire, qui pourrait avoir des répercussions sur les relations bilatérales et les droits humains dans la région.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale