Israël adopte une loi sur la peine de mort ciblant les Palestiniens, suscitant une vague de critiques internationales
Israël : loi sur la peine de mort ciblant les Palestiniens, critiques internationales

Une loi controversée adoptée par la Knesset israélienne

Le Parlement israélien, la Knesset, a adopté lundi soir une loi instaurant « la peine de mort pour les terroristes », une mesure qui suscite une vive polémique en Israël et à l'étranger. Ce texte, déposé par des députés d'un parti d'extrême droite issu de la coalition gouvernementale, a reçu le soutien explicite du Premier ministre Benyamin Netanyahou. Il vise spécifiquement les Palestiniens reconnus coupables d'attaques anti-israéliennes meurtrières, ce qui en fait une législation taillée sur mesure pour une application discriminatoire.

Réactions internationales et accusations de crime de guerre

Dès le lendemain de l'adoption, le chef des droits de l'homme de l'ONU a sévèrement condamné cette loi, estimant que sa mise en application constituerait un « crime de guerre ». Le Conseil de l'Europe, organe de défense des droits de l'homme et de la démocratie sur le continent, a quant à lui menacé Israël d'exclusion en réaction à ce texte. De nombreux chefs d'État européens se sont également opposés à la mesure.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a dénoncé « un pas de plus vers l'apartheid », tandis que l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l'Italie ont critiqué d'une même voix une loi pouvant « remettre en cause les engagements d'Israël en matière de principes démocratiques ». En France, la gauche politique, des socialistes aux insoumis, s'est élevée contre ce qu'elle qualifie de « loi raciste » issue de politiques d'« extrême droite ».

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Critiques venues de soutiens traditionnels d'Israël

Fait marquant, des critiques ont émergé parmi des soutiens habituellement indéfectibles de l'État hébreu. Julien Bahloul, journaliste franco-israélien et ancien porte-parole de l'armée israélienne, a exprimé son opposition sur les réseaux sociaux. « Je suis contre la peine de mort en Israël. Elle n'a été utilisée qu'une seule fois dans l'histoire du pays, contre [Adolf] Eichmann, et j'espère que cela restera le seul cas », a-t-il écrit.

Caroline Yadan, députée de la circonscription des Français de l'étranger englobant Israël, pourtant connue pour son soutien à l'État hébreu, a également condamné la loi. Citant Robert Badinter, père de l'abolition de la peine de mort en France, elle a déclaré : « La peine de mort n'est pas une justice. Elle est un aveu d'impuissance. » Elle a ajouté : « Refuser la peine de mort, ce n'est pas minimiser les crimes. C'est affirmer que la loi doit être plus grande que la violence. »

Contexte et implications potentielles

Cette loi intervient dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, notamment depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Son adoption représente une escalade significative dans la politique israélienne, risquant d'aggraver les relations avec la communauté internationale et de compromettre les efforts de paix dans la région. Les défenseurs des droits de l'homme soulignent que l'application de cette législation pourrait entraîner des violations graves du droit international et des principes fondamentaux de justice.

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