Israël a clairement conditionné le retrait de ses troupes du Liban-Sud au désarmement complet du Hezbollah, ont indiqué mercredi 25 juin des sources diplomatiques. Cette position a été réitérée lors de pourparlers indirects avec le Liban, sous médiation onusienne et américaine.
Une condition jugée irréaliste par Beyrouth
Le gouvernement libanais, par la voix de son Premier ministre, a qualifié cette exigence d'« irréaliste » dans le contexte actuel. Selon lui, le Hezbollah, puissant mouvement armé chiite, ne peut être désarmé sans un accord politique interne préalable. Les négociations butent sur cette question depuis des mois.
Les discussions, qui se tiennent à Naqoura sous l'égide de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), n'ont jusqu'à présent abouti à aucune avancée concrète. La communauté internationale, dont les États-Unis et la France, presse les deux parties de trouver un compromis pour éviter une escalade militaire.
Les positions israéliennes se durcissent
Selon un haut responsable israélien cité par l'agence Reuters, « tant que le Hezbollah conservera sa capacité militaire, Israël maintiendra sa présence pour garantir la sécurité de ses citoyens dans le nord ». Cette déclaration intervient alors que des tirs de roquettes en provenance du Liban ont visé le nord d'Israël la semaine dernière, blessant trois personnes.
De son côté, le Hezbollah affirme que son arsenal est une nécessité face à ce qu'il appelle « l'agression israélienne » et refuse tout désarmement unilatéral. Le mouvement chiite est soutenu par l'Iran, qui fournit armes et financements, ce qui complique encore la donne.
Un conflit gelé depuis 2006
La frontière israélo-libanaise est sous tension depuis la guerre de 2006. La résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a mis fin au conflit, prévoit le désarmement de toutes les milices libanaises, dont le Hezbollah, et le déploiement de l'armée libanaise dans le Sud. Mais ces dispositions n'ont jamais été pleinement appliquées.
L'armée israélienne occupe encore une petite zone contestée, les fermes de Chebaa, que le Liban revendique. Israël, lui, considère que le Hezbollah y a établi des positions. Des affrontements sporadiques ont lieu régulièrement, alimentant les craintes d'une nouvelle guerre.
Des conséquences humanitaires
Les populations civiles des deux côtés de la frontière paient le prix de cette impasse. Au Liban-Sud, des villages entiers sont désertés, et l'économie locale est sinistrée. En Israël, les habitants du nord vivent sous la menace constante des roquettes. Selon l'ONU, plus de 100 000 personnes ont été déplacées depuis le début des tensions en 2023.
Les pourparlers doivent reprendre la semaine prochaine à Beyrouth, avec la participation de médiateurs américains. Mais sans compromis sur le désarmement, une issue pacifique semble encore lointaine.



