Iran-États-Unis : après la mort de Khamenei, Larijani négocie sous les bombes
Iran-USA : Larijani négocie après la mort de Khamenei

Des négociations interrompues par la mort de Khamenei

Les discussions entre les États-Unis et l'Iran sur le dossier nucléaire semblaient pourtant sur une bonne voie. Après plusieurs mois de pourparlers, les deux parties s'étaient retrouvées jeudi 26 mars à Genève, avec Oman comme médiateur. Selon des sources diplomatiques, Téhéran avait même accepté de renoncer au stockage d'uranium enrichi, une demande clé de l'administration Trump.

L'escalade militaire qui a tout changé

Le paysage géopolitique a basculé brutalement lorsque des bombardements ont visé Téhéran, tuant l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l'Iran depuis 1989, ainsi que plusieurs dizaines de hauts dignitaires du régime. Depuis cette attaque dévastatrice, la région s'est embrasée avec des échanges de missiles entre différentes factions et pays.

Trump maintient ouvertes les portes du dialogue

Malgré cette escalade militaire, le président américain Donald Trump ne ferme pas complètement la porte aux négociations. Selon des déclarations rapportées par CNBC, le président américain aurait affirmé que les dirigeants iraniens "veulent parler", une ouverture qu'il aurait acceptée.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Cette option semble confirmée par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui aurait indiqué à son homologue omanais que l'Iran restait ouvert à des efforts diplomatiques pour éviter toute nouvelle escalade de violence. Une position pragmatique pour Washington à l'approche des élections de mi-mandat, alors que l'opinion publique américaine regarde avec méfiance cette nouvelle intervention au Moyen-Orient.

Ali Larijani, nouvel homme fort de l'Iran

Avec la mort d'Ali Khamenei et le temps nécessaire à l'Assemblée des experts pour désigner un nouveau guide suprême selon la Constitution iranienne, le pouvoir semble désormais exercé par Ali Larijani. Secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, cet organe qui décide des politiques internationales et de défense, il avait été désigné par Khamenei lui-même pour prendre le relais en cas de décès.

Un négociateur expérimenté aux commandes

En l'absence des principaux ministres iraniens, également victimes des bombardements, l'ancien président de l'assemblée consultative islamique dispose d'une marge de manœuvre importante pour négocier avec les Américains. Ancien négociateur nucléaire, Larijani connaît particulièrement bien les rouages de Washington et pourrait proposer ce que le journal Haaretz qualifie d'"accord de rêve" à Donald Trump.

Les positions contradictoires de Téhéran

Pour le moment, l'Iran maintient officiellement une position ferme. "L'Iran, contrairement aux États-Unis, s'est préparé à une longue guerre", a écrit Larijani sur X lundi, ajoutant que son pays ne négocierait pas avec les États-Unis. Pourtant, malgré les ripostes iraniennes visant Israël, les bases américaines et les alliés régionaux comme le Qatar ou les Émirats arabes unis, le régime sait qu'il devra trouver une porte de sortie à ce conflit.

L'argument économique comme levier

Selon les analystes, Larijani pourrait proposer l'ouverture du marché iranien aux entreprises américaines, créant ainsi une concurrence avec la Chine et la Russie, en échange de la fin des bombardements et d'un allègement des sanctions économiques. Cet argument économique pourrait trouver un écho favorable auprès de Donald Trump, toujours soucieux des retombées commerciales.

L'incertitude d'un changement de régime

La situation reste cependant extrêmement volatile. Si Ali Larijani apparaît aujourd'hui comme la nouvelle tête de l'Iran, rien ne garantit sa pérennité au pouvoir. Issu de l'une des familles cléricales les plus puissantes du pays, il a été interdit à deux reprises de se présenter à la présidence en raison de son soutien aux accords nucléaires de 2015.

Sans le statut de clerc supérieur, il ne peut prétendre succéder officiellement à Khamenei. De plus, les Gardiens de la révolution l'ont longtemps considéré comme un concurrent politique. Sans parler du risque permanent de nouveaux bombardements qui pourraient le viser personnellement, alors qu'Israël et les États-Unis ciblent systématiquement les lieux de pouvoir iraniens.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Les enjeux stratégiques pour Washington

Pour les États-Unis, un accord avec l'Iran pourrait permettre d'éviter de plonger le pays dans un chaos incertain qu'un changement de régime brutal pourrait provoquer. En obtenant des concessions sur le nucléaire et des accords stratégiques avec Téhéran, Donald Trump éviterait un enlisement américain dans un nouveau conflit prolongé au Moyen-Orient.

La question cruciale du détroit d'Ormuz

Un retour à la normale permettrait également de débloquer la situation économique régionale, alors que le détroit d'Ormuz, point de passage clé du commerce international, est bloqué par l'Iran depuis le début des bombardements. Cette artère vitale pour les exportations pétrolières mondiales représente un enjeu économique majeur pour toutes les parties concernées.