Deux militaires américains ont été tués et un est porté disparu en Jordanie après des frappes de missiles et de drones iraniens vendredi, a annoncé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) samedi 18 juillet. Il s'agit des premières pertes américaines depuis la reprise des hostilités le 7 juillet, qui ont fait voler en éclat le cessez-le-feu du 17 juin.
L'ayatollah Khamenei promet des « leçons inoubliables »
Dans un message écrit rapporté par la télévision d'État, l'ayatollah Mojtaba Khamenei a déclaré : « Maintenant que l'ennemi américain cherche à inciter à la guerre […] il doit savoir que la chère nation iranienne et le front de la résistance ont des leçons inoubliables à lui offrir ». Il a ajouté que « la violation répétée » du protocole d'accord signé entre les deux pays le 17 juin « a une fois de plus démontré à tous que la signature du président américain [Donald Trump] est sans valeur ».
Des infrastructures civiles koweïtiennes gravement endommagées
Plus tôt samedi, Téhéran a frappé des infrastructures civiles au Koweït pour le deuxième jour consécutif. Selon les autorités koweïtiennes, les frappes ont gravement endommagé un site pétrolier « vital » et mis à l'arrêt plusieurs unités de production dans une centrale électrique et de dessalement d'eau. Alors que la température a atteint 47 °C samedi, les autorités ont condamné le ciblage de ces « infrastructures essentielles » qui met « en danger la vie et la sécurité des civils ». Le Conseil de coopération du Golfe a dénoncé des « crimes de guerre ». Ali Mahmoud, un Égyptien de 46 ans travaillant chez un fournisseur d'électricité koweïtien, a témoigné auprès de l'AFP de « la peur de voir des coupures d'électricité » et de « l'inquiétude » de la population de « voir la guerre s'étendre ».
Une station de pompage d'eau détruite en Iran
En Iran, les autorités locales d'Hormozgan, province riveraine du détroit d'Ormuz, ont affirmé que les attaques américaines avaient « complètement détruit » une station de pompage d'eau de mer et un transformateur électrique d'une usine de dessalement. L'armée américaine a indiqué avoir visé dans la nuit « des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d'armes et des moyens maritimes », sans mentionner de cibles civiles. La veille, l'ONU avait jugé « inacceptables » les attaques d'infrastructures civiles. Selon un bilan communiqué samedi par le ministère iranien de la Santé, les frappes américaines ont fait 50 morts et plus de 500 blessés depuis le 27 juin.
Le détroit d'Ormuz sous tension
Les Gardiens de la Révolution ont prévenu que les frappes « se poursuivraient jusqu'au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d'Ormuz ». Près d'un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures transitait par ce détroit stratégique avant la guerre. Les Gardiens ont annoncé samedi avoir « stoppé » à coups de drones et de missiles quatre navires qui tentaient de franchir sans leur autorisation le détroit, où, selon Téhéran, deux pétroliers ont sauté sur des mines, une affirmation démentie par l'armée américaine. Les États-Unis ont réimposé leur blocus des ports iraniens. La compagnie aérienne nationale koweïtienne a annoncé le report de la plupart de ses vols. À Manama (Bahreïn), un journaliste de l'AFP a entendu plusieurs explosions après le déclenchement de sirènes d'alerte, l'armée indiquant avoir intercepté une nouvelle vague d'attaques iraniennes.



