L'Iran promet une réponse « avec force » à toute agression américaine
La République islamique d'Iran a lancé un avertissement ferme ce lundi, déclarant qu'elle riposterait « avec force » à toute attaque des États-Unis, y compris une frappe dite « limitée ». Cette déclaration intervient alors que le président américain Donald Trump a évoqué cette option en cas d'échec des négociations sur le programme nucléaire iranien.
« Il n'y a pas de frappe limitée »
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a été catégorique lors d'une conférence de presse à Téhéran. « Concernant la première question relative à une frappe limitée, il n'y a pas de frappe limitée », a-t-il affirmé. « Un acte d'agression sera considéré comme un acte d'agression. » Il réagissait aux propos de Donald Trump, qui a déclaré vendredi « envisager » une frappe limitée si l'Iran ne concluait pas rapidement un accord nucléaire.
Baghaï a souligné le droit à la légitime défense : « Tout État réagirait avec force à un acte d'agression au titre de son droit inhérent à la légitime défense, et c'est donc ce que nous ferions. » Il a également rappelé que les Iraniens ont toujours refusé de capituler au cours de leur histoire, répondant ainsi aux interrogations de Trump sur pourquoi l'Iran n'a pas déjà « capitulé » face au déploiement militaire américain.
Déploiement militaire et pourparlers tendus
Dans un contexte de tensions accrues, Washington a ordonné un déploiement naval et aérien massif au Moyen-Orient, incluant deux porte-avions. Malgré cela, les pourparlers indirects entre les deux pays se poursuivent. Une deuxième session a eu lieu le 17 février en Suisse, via une médiation omanaise, et de nouvelles discussions sont prévues jeudi, confirmées par l'Iran et Oman mais pas encore par les États-Unis.
L'Iran est représenté par le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, tandis que les États-Unis envoient l'émissaire Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre du président Trump. Donald Trump s'est donné un délai de « dix à quinze jours » pour décider de recourir à la force ou non, mais le chef de la diplomatie iranienne a estimé dimanche qu'il existait « de bonnes chances de parvenir à une solution diplomatique sur un mode gagnant-gagnant ».
Contexte des tensions nucléaires et politiques
Les tensions entre Washington et Téhéran ont resurgi après la répression d'un vaste mouvement de contestation en Iran, lors duquel Donald Trump avait promis de venir « en aide » au peuple iranien. Les Occidentaux craignent que l'Iran ne cherche à se doter de l'arme atomique, tandis que Téhéran assure ne vouloir développer que son programme nucléaire civil.
Cette escalade verbale et militaire souligne les risques de conflit dans une région déjà instable, où chaque déclaration peut avoir des conséquences imprévisibles. Les prochains jours seront cruciaux pour déterminer si la voie diplomatique prévaudra ou si les menaces se concrétiseront en actions militaires.



