L'Iran referme le détroit d'Ormuz, exigeant la fin du blocus américain
Le bras de fer diplomatique et militaire entre Donald Trump et le régime de Téhéran connaît un nouvel épisode tendu avec la fermeture, samedi, du détroit d'Ormuz. Après une brève réouverture, l'Iran a décidé de bloquer à nouveau ce passage maritime stratégique, déclarant qu'il ne rouvrirait pas tant que les États-Unis maintiendraient leur blocus des ports iraniens. Cette décision intervient en plein ballet diplomatique visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, au-delà du cessez-le-feu de deux semaines entré en vigueur le 8 avril, qui arrive bientôt à expiration.
Trump dénonce un chantage et évoque des progrès dans les négociations
Face au maintien du blocus par Washington, l'Iran a donc fait volte-face samedi, affirmant vouloir contrôler le trafic dans le détroit d'Ormuz jusqu'à la fin du conflit. Cette année fait suite à une décision antérieure d'autoriser le passage d'un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux. Donald Trump a réagi vivement, qualifiant cette manœuvre de chantage et déclarant : « Ils jouent au plus malin, il ne peut pas y avoir de chantage ». Cependant, le président américain a également fait état de « très bonnes conversations » en vue d'une cessation durable des hostilités, laissant entrevoir une lueur d'espoir.
Les négociations se poursuivent malgré des divergences persistantes
Les pourparlers se poursuivent en coulisses, avec des acteurs clés comme le chef de la diplomatie égyptienne, Badr Abdelatty, qui travaille sans relâche aux côtés du Pakistan pour parvenir à un accord final. Les discussions directes entre l'Iran et les États-Unis, les premières en personne à un tel niveau depuis la Révolution islamique de 1979, s'étaient tenues les 11 et 12 avril à Islamabad mais avaient échoué. Mohammad Bagher Ghalibaf, président du parlement iranien et représentant lors de récentes négociations, a évoqué des progrès, mais a précisé que les deux pays étaient encore loin d'une entente finale. Plus tôt, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien avait annoncé examiner de nouvelles propositions de Washington, tout en promettant de ne faire aucun compromis.
Impact économique et militaire de la fermeture du détroit
L'annonce de la réouverture du détroit d'Ormuz, vendredi, avait donné un coup de fouet aux marchés financiers et provoqué un fort repli des cours du brut, car environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transite habituellement par cette voie. Cependant, la fermeture samedi a inversé cette tendance, créant de l'incertitude. Si certains navires ont pu franchir le détroit pendant sa réouverture temporaire, d'autres ont essuyé des tirs et des menaces de l'armée iranienne. Les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont averti que tout navire s'approchant désormais du détroit serait pris pour cible, accentuant les tensions militaires.
Contexte de la guerre au Moyen-Orient et perspectives d'avenir
Après plus d'un mois d'un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, la situation reste volatile. Les tractations diplomatiques se poursuivent, mais les obstacles sont nombreux, avec des positions fermes de part et d'autre. La fermeture du détroit d'Ormuz souligne l'importance stratégique de cette région et les risques économiques et sécuritaires associés. Alors que les négociations avancent lentement, l'issue de cette crise pourrait avoir des répercussions majeures sur la stabilité du Moyen-Orient et les marchés mondiaux de l'énergie.



