Iran : les universités redeviennent le cœur de la contestation entre monarchistes et loyalistes
Iran : les universités au centre de nouvelles manifestations

Iran : les universités redeviennent l'épicentre de la mobilisation

Après des semaines de silence imposé par une répression sévère, les universités iraniennes redeviennent le cœur battant d'une mobilisation aux visages multiples. Ce week-end, des manifestations à la fois pro et antigouvernementales ont secoué cinq établissements de Téhéran, selon des informations vérifiées par la BBC via ses cellules BBC Verify et BBC Persian.

Il s'agit des premiers rassemblements d'ampleur depuis la répression de janvier, qui, d'après l'agence américaine Human Rights Activists News Agency (Hrana), aurait causé la mort d'au moins 7 000 personnes. Cette reprise de la contestation marque un tournant significatif dans le paysage politique iranien.

Les campus en première ligne de la contestation

À l'université Sharif de Téhéran, des centaines d'étudiants ont défilé dans les couloirs et les espaces extérieurs. Certains brandissaient fièrement le drapeau d'avant la révolution, frappé du lion et du soleil, symbole monarchiste fort. En parallèle, des groupes progouvernementaux ont organisé des contre-manifestations, allant jusqu'à incendier des drapeaux américains et israéliens pour exprimer leur loyauté au régime.

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À l'université de Téhéran, des slogans pro-monarchistes ont retenti, créant une atmosphère de tension palpable. La mobilisation s'est rapidement diffusée à d'autres établissements : sit-in à l'université Shahid Beheshti, heurts violents à l'université Amirkabir, et rassemblements à l'Université des arts. Des mouvements similaires ont également été signalés en province, indiquant une propagation géographique de la contestation.

Arrestation et libération d'un universitaire clé

En marge des rassemblements universitaires, l'arrestation de l'universitaire et militant Yaqoob Mohammadi a ravivé les tensions. Samedi, il a été appréhendé à son domicile d'Abdanan par des hommes masqués, comme le montrent deux vidéos authentifiées. Cet événement a déclenché des affrontements et des tirs à proximité, obligeant les autorités à déployer des forces antiémeute place Valiasr en fin de journée.

Libéré dimanche, Mohammadi est apparu au matin sous les acclamations de ses soutiens, qu'il a chaleureusement remerciés. Cette libération rapide a scellé un week-end où la rue iranienne a retrouvé, brièvement mais puissamment, sa voix. Les médias d'État officiels ont, pour leur part, reconnu que des manifestations avaient bien eu lieu à l'université Amirkabir et à l'université Al-Zahra, également à Téhéran, et que des étudiants avaient brûlé le drapeau du gouvernement, un acte de défi rarement rapporté par les canaux officiels.

Ces événements illustrent la complexité et la vivacité de la contestation en Iran, où les universités restent un baromètre essentiel de l'opinion publique et des tensions politiques.

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