Des négociations secrètes révélées par Trump
Dans un contexte de frappes israéliennes continues sur le territoire iranien, le président américain Donald Trump a assuré que Téhéran cherche activement une issue diplomatique, malgré ses dénégations officielles répétées. Devant un parterre de parlementaires républicains réunis à Washington, Trump a déclaré : « Ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire. Ils ont aussi peur qu'on les tue. » Ces révélations interviennent au 27e jour d'un conflit qui embrase le Moyen-Orient et menace sérieusement l'économie mondiale.
Déclarations contradictoires et tensions diplomatiques
Plus tôt dans la journée de mercredi, la Maison Blanche avait prévenu que Donald Trump était « prêt à déchaîner l'enfer » si Téhéran faisait « encore un mauvais calcul ». Cependant, aucune information précise n'est disponible concernant les dirigeants iraniens impliqués dans ces négociations évoquées par Washington. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a maintenu fermement que l'Iran n'a « pas l'intention de négocier » et compte « continuer à résister ».
Initiatives diplomatiques multiples
Une proposition américaine pour faire taire les armes, qui contiendrait quinze points selon des médias américains et israéliens, a été transmise à l'Iran par Islamabad, en bons termes avec les deux pays, selon deux hauts responsables pakistanais. Abbas Araghchi a toutefois nuancé à la télévision d'État : « Parfois, des messages peuvent être transmis [...] mais ça ne peut en aucun cas être qualifié de dialogue ni de négociation », soulignant que l'Iran veut « mettre fin à la guerre à ses propres conditions ».
Les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter de mettre un terme à une guerre devenue « hors de contrôle », selon les termes du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Pékin a déclaré jeudi voir « des signaux en faveur de négociations » émis à la fois par les États-Unis et l'Iran. Le conflit sera au menu jeudi d'une réunion en France des chefs de la diplomatie du G7, qui ne seront rejoints que vendredi par l'Américain Marco Rubio.
Inquiétudes internationales et absence de stratégie claire
Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius, en visite en Australie, a exprimé ses préoccupations : « Ce qui m'inquiète le plus dans cette guerre, c'est qu'il n'y a pas eu de consultation, il n'y a pas de stratégie, il n'y a pas d'objectif clair et, le pire de mon point de vue, c'est qu'il n'y a pas de stratégie de sortie. » Ces propos reflètent l'inquiétude croissante de la communauté internationale face à l'escalade du conflit.
Intensification des opérations militaires et impact économique
Sur le terrain, les attaques se poursuivent sans relâche. Tôt jeudi, l'armée israélienne a indiqué avoir achevé des « frappes à grande échelle » sur des infrastructures non spécifiées dans plusieurs zones d'Iran, dont Ispahan dans le centre du pays. Israël a également déclaré faire l'objet d'une nouvelle attaque de missiles iraniens. L'Arabie saoudite, le Koweït et Bahreïn, où les infrastructures énergétiques et les intérêts américains sont régulièrement ciblés, ont aussi signalé de nouvelles attaques.
Destruction d'infrastructures militaires iraniennes
L'armée américaine a assuré avoir endommagé ou détruit « plus des deux tiers » des installations de production de drones et de missiles ainsi que des chantiers navals iraniens, et « 92 % » de la flotte iranienne. Ces actions militaires intensives illustrent la gravité de l'escalade et les dommages considérables infligés aux capacités militaires iraniennes.
Impact sur le marché pétrolier mondial
Le quasi-blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal 20 % du pétrole mondial, a provoqué une hausse d'environ 60 % des cours du brut depuis le début de l'attaque israélo-américaine le 28 février. Jeudi, les cours du baril de pétrole, tant du Brent, référence mondiale, que du WTI, référence américaine, remontaient à nouveau après un léger repli la veille, alors que l'Iran a dit autoriser le passage de navires de pays « non hostiles ».
Le Japon, dépendant quasiment entièrement du pétrole transitant par Ormuz, a annoncé jeudi devoir puiser pour la deuxième fois dans ses réserves stratégiques, soulignant l'impact économique mondial de cette crise.
Extension du conflit au Liban
Israël poursuit par ailleurs son intervention contre le Hezbollah pro-iranien au Liban, où ses frappes ont fait plus d'un million de déplacés depuis que ce pays a été entraîné dans la guerre. Jeudi, l'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été grièvement blessé mercredi par un tir de mortier tiré en direction de ses troupes au Liban, montrant l'extension géographique du conflit et ses conséquences humanitaires dramatiques.



