L'Iran ferme le détroit d'Ormuz jusqu'à nouvel ordre
Iran : fermeture du détroit d'Ormuz jusqu'à nouvel ordre

L'Iran a annoncé ce dimanche 12 juillet la fermeture du détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial. La décision, prise par le Corps des Gardiens de la révolution islamique, est effective jusqu'à nouvel ordre, selon une déclaration officielle relayée par l'agence de presse iranienne Fars.

Une annonce aux conséquences mondiales

Le détroit d'Ormuz, situé entre l'Iran et Oman, relie le golfe Persique au golfe d'Oman et à l'océan Indien. Il constitue un passage obligé pour les pétroliers transportant le brut des pays producteurs du Golfe, dont l'Arabie saoudite, l'Irak, les Émirats arabes unis et le Koweït. Selon les données de l'Energy Information Administration (EIA) américaine, environ 17 millions de barils de pétrole par jour traversent ce détroit, soit près d'un cinquième de la consommation mondiale.

L'annonce iranienne intervient dans un contexte de tensions accrues avec les États-Unis et leurs alliés, suite à l'échec des négociations sur le programme nucléaire iranien. Le commandant des Gardiens de la révolution, le général Hossein Salami, a justifié cette mesure comme une réponse aux « provocations hostiles » et aux « sanctions illégales » imposées par Washington.

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Réactions internationales et impact sur les marchés

La fermeture du détroit d'Ormuz a immédiatement provoqué une flambée des cours du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord a bondi de plus de 8 % dans les premières heures suivant l'annonce, atteignant 92 dollars, son plus haut niveau depuis plusieurs mois. Les marchés financiers mondiaux ont également réagi négativement, les investisseurs redoutant une perturbation majeure de l'approvisionnement énergétique.

Les États-Unis ont rapidement réagi par la voix du secrétaire d'État, Antony Blinken, qui a qualifié la décision iranienne de « provocation dangereuse » et a annoncé une coordination avec les alliés pour « garantir la liberté de navigation » dans la région. « Toute tentative de bloquer le détroit d'Ormuz est inacceptable et aura des conséquences », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Un précédent historique et des risques de conflit

Ce n'est pas la première fois que l'Iran menace de fermer le détroit d'Ormuz. En 2012, Téhéran avait agité cette menace en réponse aux sanctions occidentales visant ses exportations pétrolières. Cependant, une fermeture effective et prolongée serait sans précédent depuis la guerre Iran-Irak dans les années 1980, qui avait déjà perturbé le trafic maritime.

Les experts estiment que l'Iran dispose de capacités militaires pour entraver la navigation dans le détroit, notamment via des mines navales, des missiles anti-navires et des vedettes rapides. Cependant, une telle action pourrait déclencher une intervention militaire américaine et ses alliés, qui maintiennent une présence navale importante dans la région.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a exprimé sa « vive préoccupation » et appelé à une désescalade. L'Arabie saoudite, principal rival régional de l'Iran, a déclaré qu'elle étudiait des itinéraires alternatifs pour ses exportations, bien que les capacités de contournement par des oléoducs soient limitées.

Conséquences économiques et humanitaires

Au-delà du pétrole, la fermeture du détroit d'Ormuz affecte également le transport de gaz naturel liquéfié (GNL), dont le Qatar est un exportateur majeur. Les prix du gaz ont déjà grimpé de 12 % sur les marchés asiatiques. Les pays fortement dépendants des importations énergétiques, comme le Japon, la Corée du Sud et l'Inde, sont particulièrement vulnérables.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a annoncé qu'elle se tenait prête à coordonner une libération de stocks stratégiques de pétrole si nécessaire, afin d'atténuer l'impact sur les marchés. « Nous surveillons la situation de près et sommes en contact avec nos membres », a déclaré le directeur exécutif de l'AIE, Fatih Birol.

Les organisations humanitaires s'inquiètent également des conséquences pour l'acheminement de l'aide dans la région, notamment au Yémen, où une grande partie des importations alimentaires et médicales transitent par les ports de la mer Rouge et du golfe d'Aden.

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