Iran : Nouvelle vague de contestation étudiante à Téhéran sous pression militaire américaine
Iran : Contestation étudiante à Téhéran sous pression militaire

Iran : Nouvelle vague de contestation étudiante à Téhéran sous pression militaire américaine

Des étudiants iraniens ont scandé samedi 21 février à Téhéran des slogans hostiles au pouvoir, selon plusieurs médias, marquant une nouvelle démonstration de colère après le mouvement de contestation de janvier. Cette mobilisation intervient au moment où les États-Unis accentuent leur pression militaire dans la région, créant un contexte de tensions exacerbées.

Rassemblements dans les universités de la capitale

Les rassemblements ont eu lieu dans plusieurs universités de Téhéran, organisés dans le sillage des vastes manifestations qui avaient été étouffées dans le sang en janvier. Pour la première fois depuis cette vague de protestation, des slogans appelant à la mort du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, ont de nouveau retenti cette semaine dans plusieurs villes d'Iran, lors de rassemblements rendant hommage aux manifestants tués.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et géolocalisées par l'Agence France-Presse (AFP) à l'université de technologie de Sharif, la principale en ingénierie de la capitale, montrent des échauffourées éclater au sein d'une foule. Sur d'autres images, publiées par la chaîne de télévision Iran International basée à l'étranger, on voit une vaste foule proférant des messages hostiles au gouvernement.

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Manifestations perturbées et slogans radicaux

D'après l'agence de presse iranienne Fars, ce qui devait être « une manifestation silencieuse et pacifique » d'étudiants a été perturbé par des individus scandant notamment « mort au dictateur ». Selon une vidéo publiée par Fars, un groupe agitant des drapeaux iraniens fait face à de nombreux protestataires masqués, chaque camp semblant brandir des portraits en hommage aux morts.

Cette contestation étudiante s'inscrit dans un climat de pression accrue sur le pouvoir iranien, qui doit également faire face aux menaces militaires des États-Unis. Depuis la répression de janvier, le président américain, Donald Trump, menace d'intervenir et intensifie le déploiement militaire dans la région, tout en affirmant vouloir un accord portant notamment sur le programme nucléaire iranien.

Pression militaire américaine et exercices conjoints

Les États-Unis ont déployé dans la région une « armada », selon les termes de Donald Trump, laissant planer la menace de frappes. Vendredi, le plus grand porte-avions au monde, l'USS Gerald R.Ford, a été photographié en train de traverser le détroit de Gibraltar et d'entrer en mer Méditerranée. Il est accompagné par trois destroyers, ce qui va porter le total de navires de guerre américains à 17 dans la zone.

Un autre porte-avions était déjà arrivé fin janvier, or il est rare que deux de ces navires soient déployés en même temps par les États-Unis au Moyen-Orient. En réponse, l'Iran a mené cette semaine des exercices militaires en mer d'Oman, conjointement avec son allié russe, démontrant une escalade des préparatifs défensifs.

Recherche d'un accord et avertissements

Le régime iranien, en quête d'un allègement des sanctions internationales asphyxiant son économie, a affirmé vendredi vouloir un accord « rapide », au lendemain d'un ultimatum lancé par Donald Trump. Cependant, le président iranien Massoud Pezeshkian a averti samedi, cité par la télévision d'État : « Nous ne céderons à aucune épreuve, même si les puissances du monde se dressent devant nous ».

Le programme nucléaire iranien reste au cœur de la discorde entre Téhéran et les Occidentaux, qui craignent que le pays ne se dote de la bombe atomique. Cette nouvelle vague de contestation interne, couplée à la pression militaire externe, crée un environnement volatile où les négociations pour un accord semblent de plus en plus urgentes mais aussi complexes.

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