Une école primaire pour filles bombardée en Iran selon Téhéran
Alors que l'Iran subit des bombardements depuis deux jours de la part des États-Unis et d'Israël, les autorités iraniennes ont affirmé samedi qu'une attaque avait frappé une école primaire pour filles dans le sud du pays, faisant plus de 100 morts. Cette version des faits est immédiatement contestée par Israël et les États-Unis, qui nient toute implication dans un tel bombardement.
Des images montrent des dégâts importants
Sur des images filmées depuis un parking, on peut observer une épaisse fumée noire s'échappant d'un bâtiment sérieusement endommagé. Ce bâtiment est orné de fresques représentant notamment des enfants et une pomme, éléments caractéristiques d'une école. L'AFP a réussi à géolocaliser l'endroit montré sur la vidéo : il s'agit d'un bâtiment situé à Minab, dans la province méridionale d'Hormozgan.
Une deuxième vidéo, authentifiée par plusieurs médias dont le New York Times, montre une structure endommagée similaire sous un angle différent. On y distingue clairement des fresques colorées identiques à celles de la première séquence, tandis que des passants en civil, visiblement bouleversés, se rassemblent à proximité immédiate des lieux.
La télévision d'État iranienne a formellement identifié cet endroit comme étant l'école primaire de filles Shajare Tayyebeh à Minab. Cependant, l'AFP n'a pas pu vérifier de manière indépendante la date exacte du tournage de ces images, ni accéder directement au site en raison des restrictions imposées aux médias étrangers par les autorités iraniennes.
Le bilan humain ne cesse d'augmenter selon l'Iran
Les autorités locales ont initialement affirmé samedi que des missiles israéliens avaient touché l'établissement scolaire Shajare Tayyebeh, situé à proximité du détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique d'importance cruciale.
Le Croissant-Rouge iranien a d'abord annoncé un bilan de 108 morts, un chiffre qui a considérablement augmenté au cours de la journée après une évaluation initiale de seulement cinq morts fournie par le gouverneur de la province. « Le nombre des élèves martyrs de l'école de Minab s'élève à 108 et les opérations de secours et de déblaiement se poursuivent », a déclaré un porte-parole de cette organisation humanitaire.
Dimanche, le gouverneur provincial a finalement annoncé un bilan définitif de 165 morts et la fin officielle des opérations de recherche et de secours sur le site de la tragédie.
Israël et les États-Unis nient catégoriquement
Face à ces accusations graves, Israël a répondu avec fermeté. « À l'heure actuelle, nous n'avons connaissance d'aucune frappe israélienne ou américaine dans cette zone. […] Nous réalisons nos opérations avec une extrême précision », a affirmé le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole officiel de l'armée israélienne.
De son côté, le Commandement central américain (Centcom) a déclaré au New York Times qu'il enquêtait activement sur ces informations. « Nous sommes au courant des informations faisant état de victimes civiles à la suite des opérations militaires en cours. Nous prenons ces informations au sérieux et nous enquêtons », a précisé un porte-parole du Centcom.
Le même porte-parole a ajouté : « La protection des civils est primordiale et nous continuerons de prendre toutes les précautions nécessaires pour minimiser les risques de dommages involontaires », insistant ainsi sur la politique de prudence adoptée par les forces américaines.
Une organisation de défense des droits humains mène sa propre enquête
L'organisation de défense des droits humains Hengaw, dont le siège se trouve en Norvège, a annoncé qu'elle menait sa propre enquête sur l'identité des élèves qui auraient été tués dans ce bombardement présumé. Dans un communiqué officiel, l'organisation a expliqué que les cours du matin se déroulaient normalement à l'école Shajare Tayyebeh au moment supposé de l'événement tragique.
Selon les estimations préliminaires de Hengaw, environ 170 élèves auraient pu être présents dans l'établissement scolaire au moment où l'attaque se serait produite, ce qui pourrait expliquer l'ampleur du bilan humain avancé par les autorités iraniennes.
La situation reste extrêmement confuse alors que les versions des différents acteurs divergent radicalement. L'impossibilité pour les médias internationaux d'accéder librement au site de Minab complique considérablement la vérification indépendante des faits et des bilans annoncés par les différentes parties prenantes à ce conflit régional en pleine escalade.



