Le parquet de Paris a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête pour des soupçons d'ingérence russe visant les prétendants à la présidentielle Édouard Philippe (Horizons) et Gabriel Attal (Renaissance). La section protection des libertés fondamentales s'est « saisie d'initiative » de ces faits, a indiqué le ministère public sollicité par l'AFP. Début août, le parquet parisien avait déjà fait savoir qu'il s'était également saisi pour les mêmes faits présumés concernant Raphaël Glucksmann (Place publique), probable candidat à la présidentielle.
Trois personnalités politiques ciblées cet été
Une série d'opérations de déstabilisation, attribuées à des réseaux prorusses, ont ciblé cet été trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle. Édouard Philippe a été calomnié sur son état de santé, Raphaël Glucksmann à travers sa compagne et Gabriel Attal a été notamment présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson. Même si ces opérations sont restées peu visibles d'après une source sécuritaire, il s'agit des premières visant directement depuis le début de la campagne des prétendants à l'Élysée.
Le parquet s'est saisi avant les plaintes
« La section AC2 protection des libertés fondamentales s'est saisie d'initiative pour les trois personnalités évoquées, avant même réception des plaintes, adressées au parquet », a précisé le ministère public à l'AFP mardi. Gabriel Attal, candidat à la présidentielle 2027, patron du parti Renaissance et ancien Premier ministre, a porté plainte le 7 août pour « ingérence étrangère » en « provenance de réseaux russes », avaient expliqué ses avocats à l'AFP, Mes Sacha Ghozlan et Lucas Veil. De son côté, Raphaël Glucksmann a annoncé le 12 août avoir porté plainte.
Une mise en garde contre la manipulation
« Il est fondamental de dire cette chose simple : nous ne pouvons pas laisser la Russie de Vladimir Poutine manipuler l'élection existentielle pour le peuple français qu'est l'élection présidentielle de 2027 », avait lancé le responsable politique lors d'un déplacement dans l'Aude. L'enquête du parquet de Paris devra déterminer l'origine et l'ampleur de ces opérations de désinformation, alors que la campagne présidentielle s'annonce déjà marquée par des tentatives d'ingérence étrangère.



