Les images, diffusées sur les réseaux sociaux, suscitent une indignation mondiale. On y voit des dizaines de militants agenouillés les uns à côté des autres, les mains liées dans le dos. Ces hommes et femmes font partie de la dernière flottille pour Gaza, partie de Turquie. Une cinquantaine de bateaux de la Global Sumud Flotilla a tenté de briser le blocus maritime imposé par Israël au territoire palestinien. Interceptés au large de Chypre, les 430 militants ont été placés en détention dans le sud de l’État hébreu.
Qui a posté les images ?
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a posté la vidéo sur Telegram. « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous », dit-il en se mettant en scène, avec pour fond sonore l’hymne national israélien. Cette figure de l’extrême droite, tenant de la ligne la plus dure sur la position d’Israël dans les territoires occupés, n’en est pas à son coup d’essai. Le 15 avril, la Cour suprême a instruit quatre recours demandant sa destitution. Il est accusé de porter atteinte à l’indépendance de la police.
Au sein même du gouvernement, les critiques fusent. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar l’accuse d’avoir « sciemment nui » à l’image du pays avec « ce spectacle honteux […]. Non, vous n’êtes pas le visage d’Israël ».
Que va-t-il se passer ?
Benyamin Netanyahou appelle à expulser « dès que possible » les militants. « Israël a pleinement le droit d’empêcher de provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas d’entrer dans nos eaux territoriales et d’atteindre Gaza ». Mais le Premier ministre s’est désolidarisé de Ben Gvir. « La manière dont le ministre a traité les militants de la flottille n’est pas conforme aux valeurs et aux normes d’Israël ».
L’image de l’État hébreu, déjà fortement ébranlée ces derniers mois, en sort un peu plus abîmée. Plusieurs personnalités de premier rang, à commencer par Netanyahou, font l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale. Le Premier ministre est « suspecté d’être responsable des crimes de guerre consistant à affamer délibérément des civils […] et des crimes contre l’humanité de meurtres, de persécutions et d’autres actes inhumains ».
Quelles chancelleries ont réagi ?
Les protestations sont nombreuses, notamment dans les pays européens qui comptaient des ressortissants dans cette flottille. L’Italie, la France, l’Espagne, la Belgique et les Pays-Bas, ou encore le Canada, ont convoqué leurs ambassadeurs d’Israël. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot évoque des « agissements inadmissibles ». L’Espagne dénonce un traitement « monstrueux, indigne et inhumain ». Sur la même ligne que Madrid, Giorgia Meloni, en Italie « exige des excuses » et dénonce « un traitement attentatoire à la dignité de la personne ». Fait rare, l’ambassadeur américain en Israël lui-même s’est montré critique envers les « actes méprisables » du ministre Ben Gvir.



